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Cours d’éthique et de culture religieuse: la cause de Suzanne Lavallée rejetée par la Cour Suprême

Suzanne Lavallée a évidemment accueilli ce jugement avec déception. (Photo Archives : Ghyslain Bergeron)

Suzanne Lavallée a évidemment accueilli ce jugement avec déception.

Jean-Pierre Boisvert
Publié le 17 Février 2012
Publié le 17 Février 2012
Jean-Pierre Boisvert  RSS Feed

Suzanne Lavallée, qui a contesté le caractère obligatoire et mis en doute la neutralité du cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR), a perdu sa cause devant la Cour Suprême.

Sujets :
Commission scolaire des Chênes , Cour Suprême , Cour d’appel du Québec , Cours ÉCR

Dans un jugement partagé (7-2) publié vendredi matin, la plus haute Cour au pays conclut que la preuve n’a pas été démontrée que le programme ÉCR portait atteinte à la liberté de religion et que, par conséquent, l’exemption est rejetée.

Mme Lavallée, une résidente de Drummondville, avait demandé en 2008 à la Commission scolaire des Chênes (CSDC) que ses deux enfants (qui fréquentent aujourd’hui un collège privé) soient exemptés du cours d'éthique et de culture religieuse, ce qui lui avait été refusé par les commissaires. Elle a contesté cette décision en Cour supérieure qui, par la voix du juge Jean-Guy Dubois, avait considéré que la décision de la CSDC refusant les exemptions était bien fondée. La Cour d’appel du Québec a plus tard validé ce jugement, incitant la mère drummondvilloise, épaulée par la Coalition pour la liberté en éducation, à entreprendre des démarches coûteuses pour s’adresser à la Cour Suprême.

Dans leur décision sur cette cause qui porte le nom juridique de : «S.L. et autres c. Commission scolaire des Chênes et autres (Qc) (n° 33678)», les juges écrivent : «Les appelants n’ont pas fait la preuve que le programme ÉCR portait atteinte à leur liberté de religion. Par conséquent, le juge de première instance (juge Dubois) n’a pas commis d’erreur en concluant que le refus de la Commission scolaire d’exempter leurs enfants du cours ÉCR ne contrevenait pas à leur droit constitutionnel.

«Par ailleurs, les appelants n’ont démontré aucune erreur justifiant d’écarter la conclusion du juge de première instance selon laquelle la décision de la Commission scolaire n’avait pas été prise sous la dictée d’un tiers (ministre de l’Éducation). Pour ce qui est de la décision de la Cour d’appel rejetant le pourvoi en raison de son caractère théorique, il suffit de mentionner que la question soumise à notre Cour était importante et justifiait que celle-ci entende le pourvoi, même si les enfants des appelants n’étaient plus assujettis à l’obligation de suivre le cours ÉCR. La Cour d’appel a donc eu raison de confirmer les conclusions de la Cour supérieure… l’appel est rejeté avec dépens».

Un contenu neutre ?

Suzanne Lavallée a évidemment accueilli ce jugement avec déception. «Oui, c’est décevant, mais je crois que nos efforts ont néanmoins réussi à faire avancer ce débat dans notre société», a-t-elle expliqué à L’Express lors d’une conversation téléphonique ce midi.

«J’ose espérer que d’autres parents auront des arguments différents pour aller plus loin et faire accepter que des exemptions pourraient être utiles. Bien des gens ne comprennent pas notre démarche. Nous ne contestions pas la notion de s’ouvrir aux autres cultures, mais ce cours-là, je m’excuse, n’est pas neutre. C’est un bouilli qui ne permet pas à de jeunes enfants de s’enrichir sur cette question».

À ce propos, les juges ont d’ailleurs émis un commentaire pertinent : «De manière ironique, alors que la religion se retire de plus en plus de la place publique au nom de la liberté et de l’égalité religieuses, la laïcité paraît moins neutre et plus partisane. Compte tenu de la croissance de l’agnosticisme et de l’athéisme, la neutralité religieuse dans la sphère publique est peut-être devenue impossible. Ce que certains considèrent comme le terrain neutre essentiel à la liberté de religion et de conscience constitue pour d’autres une perspective antispiritualiste partisane».

À la Commission scolaire des Chênes, on parlait de satisfaction mais un sentiment de soulagement transpirait dans les propos de la directrice générale Christiane Desbiens. «Ce jugement nous est favorable et signifie que notre façon de faire était et demeure en conformité avec la loi», a-t-elle déclaré cet après-midi. « Ce qui est important dans tout ça, c’est que la Cour Suprême nous dit que les enfants ne subissent pas un préjudice grave en suivant ce cours».

Mme Desbiens a tenu à souligner que les demandes d’exemption qui continuent de parvenir aux bureaux de la CSDC sont étudiées à la pièce. «Nous avons reçu huit demandes cette année et chacune a été traitée en particulier. Aucune toutefois n’a été acceptée». La CSDC a toujours reconnu qu’un parent pouvait sortir son enfant de l’école pour lui éviter de suivre ce cours ÉCR, mais la direction espère que, dans la foulée de ce jugement, ces parents se laisseront convaincre que leurs enfants ne subiront pas de préjudice s’ils suivent ce cours. «Nous n’irons pas jusqu’à la sanction, pas pour le moment, car la conséquence pour un élève de ne pas être pointé au bulletin pour cette matière est que ça fait baisser sa moyenne, ce qui n’est pas une bonne affaire pour un étudiant de quatrième ou cinquième secondaire », a avancé la DG.

 

 

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Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Carole Gravel
    - 22 Février 2012 à 10:12:18

    Il est des influences qui nous viennent de l'extérieur du Pays en politique éducative, tout comme les commentaires acharnés de M. "Michel Thys" qui nous parviennent d’Europe à la défense du cours d'Éthique et de culture religieuse un peu partout sur toutes les tribunes. (Et ici je n'entend pas ouvrir un débat) Quoi qu'il en soit, un cours qui affirme lui même imposer un nouveau regard à tous les jeunes du Québec sur le monde, un cours qui avoue imposer des valeurs aux jeunes, un cours qui change la façon de penser, nous ici au Québec on trouve ça dangereux. On a vu des choses du genre en Allemagne, et dans d'autres pays aux tendances communistes mais on n'en veut pas ici. C'est d'autant plus dangereux lorsque la liberté des parents est abrogée. Staline aussi imposait ses règles au nom du bien-être commun! Il faut faire attention et retirer nos enfants de ce cours et le contester ! Malheureusement, lorsque la bêtise est trop grosse, plusieurs ont tendance à ne pas la voir...

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  • Nom de l\'usager
    Louis Provencher
    - 22 Février 2012 à 10:12:11

    M. Thys, le franc-maçon de Belgique. Il reste déjà des centaines d'irréductibles dans une école : la Loyola High School. Vous ne savez pas combien de gens s'opposent à ce programme malgré la propagande constante que l'État en fait. Bel essai de marginalisation. Vous ne connaissez pas le dossier visiblement !

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  • Nom de l\'usager
    Jacques Beauséjour
    - 21 Février 2012 à 06:14:42

    Le cours ECR et la liberté des parents Je participe aux activités de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) comme directeur de la campagne de financement 2011-2012 (http://coalition-cle.org/ ). Je désire que les parents retrouvent soit leur droit de choix concernant le cours d'ECR ou soit l’abrogation de la loi constituant le cours ECR. J'appuie tous les parents qui veulent faire reconnaître leur droit de refus pour leurs enfants à suivre ce cours. Depuis 1976 j’ai travaillé à l’indépendance du Québec maintenant je travaille pour l’indépendance des parents du Québec. Je félicite les parents qui défendent leur droit de liberté concernant leurs enfants. L’État doit-il dominer les parents et être responsable des enfants du Québec? L’État du Québec est-elle devenu une dictature? Vive les parents libres au Québec! Premièrement, le cours ECR est un cours qui veut développer le multiculturalisme chez les étudiants je ne comprends pas le Parti Québécois dans son aveuglement. Pourquoi accepterions-nous de renier notre identité en passant les étudiants aux cribles des accommodements? S’ouvrir aux autres c’est bien mais le cours ECR veut obliger les jeunes à renier leur identité sous le couvert des accommodements. Deuxièmement, je préfère appuyer un parti politique qui respectera soit le choix des parents pour leurs enfants ou qui abolira simplement le cours ECR pour le remplacer par un autre cours. Que ce soit un cours d’histoire du Québec, ou par le remplacement des heures allouées au cours ECR par des heures pour l’étude du français, des mathématiques, de la musique ou un autre cours. Jacques Beauséjour, professeur retraité et premier député du Parti Québécois du comté d’Iberville 1976-1985

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  • Nom de l\'usager
    Alain Rioux
    - 20 Février 2012 à 21:15:23

    Memorandum Jugment cour suprême du Canada 2012 CSC7 Vice de forme par Alain Rioux M.A. philosophie (U.N.E.S.C.O/U.Q.A.M.) En substance, ce jugement fait fond, implicitement, sur la présomption d’innocence, en faveur du gouvernement du Québec, en ce qui concerne le cours d’éthique et de culture religieuse. De sorte que, c’est au requérant à démontrer la violation de son droit. Or, selon la cour, ledit cours incriminé ne viole pas nécessairement le droit. Donc, le recours de l’appelant, contre le gouvernement du Québec, est débouté. Cependant, compte tenu du préambule de la Charte, la primauté du droit est affirmée, donc celle de la Charte, sur toute autre loi. Cela implique qu’il revient au législateur, non au justiciable, de justifier toute coercition (loi), lorsque le justiciable en fait appel, conformément à l’article premier de la loi constitutionnelle de 1982. Or, en l’espèce, le cours d’éthique et de culture religieuse ne respecte pas nécessairement le droit, comme le reconnaît la cour. De sorte que, l’intimé n’a pas fait la preuve que son cours constitue une contrainte raisonnable, au droit à la liberté religieuse de l’appelant. C’est pourquoi, il est impératif que le gouvernement fédéral décrète ce jugement nul et non avenu en la matière, en vertu de la Charte. Car, le jugement a inversé les catégories de la procédure, en faisant fi de la notion de primauté du droit. Le législateur fédéral doit, par conséquent, désavouer l’obligation québécoise, au sujet dudit cours. Fait à Québec, 19-2-2012

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  • Nom de l\'usager
    Michel THYS
    - 18 Février 2012 à 22:40:13

    Bien que le débat sur le cours d'ECR ait plus de dix ans, ce qui aurait dû permettre aux parents croyants fondamentalistes de s'adapter à la modernité, il reste une "poignée d'irréductibles" persistant à prétendre qu'ils ont le droit, non seulement légal mais moral (j'allais dire obscurantiste) d'imposer sans alternatives leur religion à leurs enfants. La Cour Suprême a heureusement eu la sagesse et le bon sens de ne pas leur donner raison. Il importait évidemment que l'Etat, qui a la responsabilité de l'émancipation et de l'épanouissement de tous, ait le droit de compenser progressivement par l'école les influences religieuses familiales, certes légitimes et respectables, mais hélas unilatérales, communautaristes, intolérantes, incompatibles avec l'acceptation de la différence enrichissante de l'autre et donc avec un "vivre ensemble" harmonieux. Mais l'essentiel reste à faire si l'on veut permettre aux jeunes de choisir, en connaissance de cause et aussi librement que possible, de croire ou de ne pas croire : améliorer le cours d'ECR (ce serait une première mondiale !) pour qu'il n'occulte plus, ou ne dévalorise plus, les options laïques de l'humanisme laïque (l'agnosticisme, l'incroyance, l'athéisme, la libre pensée, la franc-maçonnerie adogmatique, etc.).

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