Ayant établi ma perception du présent, je me permets, à mon âge, d’évoquer un petit rappel de l’histoire (Élèves, ne me quittez pas!), avant de dire un mot sur l’avenir.
J’ai pu avoir le privilège de vivre comme citoyen la Révolution tranquille, dès 1960, oeuvre de « L’équipe du tonnerre » de Jean Lesage qui visait d’être « Maîtres chez nous ». Il a, à son crédit: la création de la Commission Parent sur l’enseignement et des ministères du Revenu, des Affaires culturelles, des Richesses naturelles (René Lévesque), de l’Éducation, de la Justice ; le Conseil d’orientation économique, l’Office de la langue française; la construction du métro de Montréal. En 1962, une élection référendaire sur la nationalisation de l’électricité, adoptée par un vote majoritaire du peuple en faveur. En 1963, a suivi l’acquisition par Hydro-Québec des 11 producteurs d’hydroélectricité privés. En 1965, la création de la Société québécoise d’exploitation minière.
Ensuite, un gouvernement de l’Union nationale en 1966 qui a créé: les cégeps et les polyvalentes, les prêts et bourses, l’Institut de recherche d’Hydro-Québec, Radio-Québec, le Centre de recherche industrielle du Québec et l’Institut national de la recherche scientifique. Et les deux gouvernements de Robert Bourassa, qui a lancé le développement hydroélectrique de la Baie-James.
J’ai pu vivre également le deuxième souffle—déterminant celui-là—de 1976, avec l’équipe de René Lévesque, considérée par les analystes comme la plus qualifiée et motivée de l’histoire de notre Québec. Des avancées majeures sont faites sur tous les fronts: Charte de la langue française, loi sur le financement des partis politiques, contrôle des terres agricoles, assurance automobile, stratégie de développement industriel, loi sur la santé et sécurité du travail, améliorations au Code du travail (anti-briseurs de grève, formule Rand obligatoire, droit de retour après une grève, arbitrage de première convention), loi sur les accidents et maladies professionnelles, politique du plein emploi, Fonds de solidarité de la FTQ.
Bref, un grand saut en avant pour la société québécoise entre 1960 et 1985, 15 ans de fulgurant progrès social, démocratique, culturel et économique. La Révolution tranquille 1 a fait du Québec un pays exemplaire en Amérique du Nord et ailleurs, sur les plans démocratique, économique, social et culturel.
Mais, depuis près de 30 ans, il se produit à travers le monde un virage aussi radical que sournois de sape de la part de la droite conservatrice et néolibérale. Le Québec n’a pas échappé, avec ses riches et puissants cachés derrière, et avec comme instrument une forte prépondérance des médias et 10 ans du gouvernement Charest à leur solde. Ce qui met en grave danger tout ce que le Québec a accompli, de la sortie de la Grande noirceur par la Révolution tranquille 1. Un autre mandat Charest et compagnie ou de la CAQ de François Legault sera le désastre pour notre Québec et nous fera reculer de 50 ans.
Puis-je oser proposer à cette nouvelle et brillante équipe 2008-2012 le titre « Équipe de l’éclair ». L’éclair qui nettoie la crasse, qui rafraîchit l’atmosphère, qui allume les esprits, qui donne force et audace à celles et ceux qui veulent aller toujours plus loin, toujours plus haut - par le peuple, pour le peuple et avec le peuple - vers les sommets du courage, de la créativité, de l’efficacité, de l’humanisme et de la solidarité.
Le défi est lourd. Nous avons désespérément besoin de la Révolution tranquille 2. C’est au nom des artisans de la première qui, après avoir si bien fait, nous ont quittés pour un monde meilleur, que j’ose convoquer « L’équipe de l’éclair » à cette deuxième révolution, toujours tranquille, mais déterminante pour l’avenir de notre peuple. Et que le peuple se réveille !
Bravo Marc. Et bravo à toute « L’équipe de l’éclair » Comme on dit en Chinois : go, go, go !
Robert Dean







