«L’université québécoise est, depuis plusieurs années déjà, en pleine mutation. Gouvernance, hausse des droits de scolarité, sous-financement, privatisation : nous assistons présentement à une attaque sans précédent contre les principes et les missions qui sous-tendent le rôle des unités québécoises depuis leur fondation. Il faudrait «s’adapter», c’est-à-dire abandonner un système d’éducation public universel, issu d’une mobilisation sociale et politique unique dans l’histoire du Québec», peut-on lire en guise de présentation.
Le manifeste, présenté comme un travail de collaboration entre différents intervenants du monde universitaire, se veut en quelque sorte une réaction du milieu face à la gouvernance, la hausse des droits de scolarité, le sous-financement et la privatisation ainsi qu’à la place de la recherche et l’enseignement.
C’est également selon eux un bilan pavant la voie à la recherche d’un consensus. «L’Université doit être libre et autonome, avec une liberté à la fois de gestion et académique. Ce sont les principes de base. Ensuite seulement nous pourrons analyser la question du sous-financement», indique le président du Syndicat des chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL), Puma Freytag.
Toutefois, les membres de la Table des partenaires universitaires québécois s’opposent farouchement à un mode de financement des universités autre que public. Ils ont d’ailleurs profité du lancement du manifeste pour rappeler leur opposition à la hausse des frais de scolarité. «Dans d’autres provinces, les frais sont faramineux. Les gouvernements veulent piger dans les poches des étudiants. Ce n’est pas ce que nous voulons», réitère le président de l’Association des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AÉLIES), Sylvain Mercier.
Les défenseurs d’une université libre, accessible, démocratique et publique craignent également la mainmise qu’acquerraient les entreprises privées en subventionnant les universités. «Si l’université est une institution publique, le financement doit être public. Et le meilleur moyen, c’est l’imposition», estime M. Freytag.
Quant à Barbara Poirier, présidente de la Confédération des associations d’étudiants de l’Université Laval (CADEUL), elle va encore plus loin en demandant une contribution fiscale obligatoire de la part des entreprises.







