«Je suis très honoré d’avoir mérité cet honneur, a d’abord mentionné Guy Gilbert. Mes performances de 2009 au Championnat du Commonwealth à Keswick en Angleterre et au Championnat provincial de Rivière-du-Loup, ma participation aux Championnats mondiaux d’Italie et mon implication personnelle dans la communauté ont milité en ma faveur dans ma sélection comme ultramarathonien de l’année.»
Le Québécois a profité de sa participation au Championnat du Commonwealth pour réaliser la meilleure performance canadienne des 10 dernières années dans un ultramarathon. Il a parcouru pas moins de 217,783 kilomètres en 24 heures, ce qui lui a donné le huitième rang au classement général, un résultat digne de mention.
«Je m’étais préparé adéquatement pour cette compétition, ajoute M. Gilbert. De la fin du mois de juin à la mi-septembre 2009, je courrais en moyenne de 100 à 190 km par semaine. Je me rendais et je revenais du travail à la course (17,2 km aller-retour pour un total de 34,4 km) avant d’effectuer 10 km pendant que ma fille Julianne jouait au soccer. Pendant mon épreuve en Angleterre, tout a fonctionné à merveille. Je me suis bien alimenté tout autant qu’hydraté. Je n’ai pas eu la même veine aux Mondiaux en Italie où j’ai dû abandonner après 130 km en raison d’un problème de déshydratation.»
Pour Guy Gilbert, l’entraînement régulier est devenu un mode de vie qu’il a adopté parce qu’il a toujours du plaisir à courir de longues distances.
«La plupart du temps, je tente de joindre l’utile à l’agréable. Ma passion de la course à pied m’a fait découvrir des coins de la région de Québec que je n’aurais pas connus. Je pense entre autres au sentier de la rivière Saint-Charles d’une trentaine de kilomètres, à la vallée de la Jacques-Cartier, aux bois de Stoneham, etc. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé l’entraînement. J’ai fait partie des équipes d’athlétisme de mon école secondaire, du Cégep de Chicoutimi et de l’Université de Sherbrooke. Après mes études, j’ai poursuivi avec des courses sur route comme des demi-marathons», de dire encore le travailleur en santé publique associé au programme Kino-Québec.
Avant de participer à des ultramarathons, Guy Gilbert a participé à une cinquantaine de marathons. Il a même pris part à des raids d’aventure en hiver, dont la course Ukatak en 2003 qui a consisté à 125 heures de courses à raquettes, ski de fond, vélo et escalade en rappel.
«J’avais alors dormi moins de huit heures dans la semaine lors de ce raid où mon équipe avait terminé au deuxième rang. À la suite de ces diverses expériences, j’ai eu la chance de courir pendant 24 heures consécutives. J’ai bien aimé la sensation et j’ai décidé d’obtenir mes standards canadiens et internationaux, ce qui m’a amené à prendre part par la suite à des épreuves d’envergure. Même si 2010 est une année moins chargée en ce qui me concerne, je trouve encore du plaisir à parcourir de longues distances», de poursuivre l’ultramarathonien.
Pour Guy Gilbert, il faut bien de la volonté pour réussir à aligner de bonnes performances quand on est un adepte d’ultramarathon.
«Il faut savoir concilier le travail, la vie de famille, les implications dans la communauté, l’entraînement, etc. Ce n’est pas toujours facile, mais en faisant preuve de volonté, tout est réalisable. En étant reconnu comme l’a fait l’Association canadienne des ultramarathoniens, on reçoit une bonne tape dans le dos pour poursuivre dans la même veine», d’ajouter le résident de Lac-Beauport.
Ce dernier est cependant conscient que la discipline de l’ultramarathon n’est pas aussi bien développée au Québec que dans les provinces de l’Ouest ou en Ontario.
«Il n’y a rien de comparable entre ce qui se fait chez nous et ce qui se passe dans l’Ouest ou en Ontario. Pourtant, bien des athlètes émergent dans cette discipline. Je pense ici aux Sylvie Boisvert, Michel Gouin, Éric Bellavance, etc. Un gars comme Richard Chouinard de l’Université. Laval a certes contribué à l’essor de cette discipline au Québec. Il a été pour moi une véritable inspiration», de conclure Guy Gilbert.






