Ce système, développé par la société Suisse Hamilton Medical et nommé Intellivent assure une meilleure ventilation grâce à des ajustements continus. Il pourrait en plus réduire la durée des séjours aux soins intensifs et, conséquemment, diminuer la charge de travail des médecins. «On entre la taille du patient et son sexe et la machine détermine les réglages en s’adaptant de manière continue. Ça laisse aux cliniciens plus de temps à accorder aux patients plus complexes ou aux relations avec les familles», explique le Dr François Lellouche, le chercheur qui s’est chargé de l’étude.
Le spécialiste compare la fameuse machine au pilote automatique d’un avion. «L’automatisation est utilisée dans de nombreux domaines, tous les avions sont dotés de systèmes automatisés depuis des années, mais l’automatisation en médecine a tardé. Nos patients, surtout aux soins intensifs, sont fragiles et il est nécessaire de valider que les nouveaux systèmes proposés sont sécuritaires.»
Lors de l’étude, qui s’est terminée en décembre 2009 et qui a comparé ce système aux ventilateurs artificiels standard chez 60 patients au sortir d’une chirurgie cardiaque, le système a ainsi été comparé avec des ventilateurs standards pour lesquels tous les réglages (la fréquence respiratoire, les volumes insufflés, les pressions, le taux d’oxygène administré) sont réalisés manuellement par les médecins ou les inhalothérapeutes. L’étude a permis de constater que le nombre d’interventions manuelles était réduit par un facteur 30 avec le système automatisé, alors que le patient restait dans une zone «optimale» prédéfinie de ventilation beaucoup plus longtemps en comparaison avec la technique standard de ventilation.
Le Dr Éric Dumont, chirurgien cardiaque, voit des bénéfices importants dans l’utilisation d’un appareil comme Intellivent. «On opère des gens de plus en plus âgés, avec des maladies concomitantes. Ça représente donc un avantage important de leur fournir l’oxygénation adéquate.»
Pour l’Institut, qui possède un ratio de lits de soins intensifs et progressifs parmi les plus élevés au Québec avec 15 % de lits dédiés aux soins critiques, ce système de respiration artificielle est une méthode d’avenir. «Nous sommes à l’aube de changements démographiques majeurs, les baby-boomers ont 65 ans cette année. Cette clientèle va influencer l’ensemble du système de santé, et en premier lieu, les soins intensifs. Une augmentation majeure du nombre de patients sous respiration artificielle est donc prévue dans un avenir proche», estime le Dr Lellouche.
Côté coûts, le prix des nouveaux systèmes de ventilation devrait se comparer à celui des machines actuelles. L’IUCPQ pourrait avoir besoin de 40 à 50 appareils.
La commercialisation du nouveau système devrait avoir lieu au cours de la prochaine année par la société Hamilton Medical, après l’obtention de l’approbation de Santé Canada. Quant aux résultats de l’étude, ils seront présentés au prochain congrès de l’American Thoracic Society à la Nouvelle-Orléans du 14 au 19 mai prochains.
Première mondiale à l’Hôpital Laval : un système de respiration artificielle automatisée aux soins intensifs
Tous les patients du Dr François Lellouche ont bien toléré le système lors de l’étude. (Photo Thaïs Martel)
L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) a été le théâtre d’une première mondiale. Un système de respiration artificielle révolutionnaire totalement automatisé y a été testé avec succès par une équipe de recherche spécialisée en soins intensifs.
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