Scandant qu’un ménage s’impose, les participants ont convergé au point de départ de la marche pacifique et non-partisane. Les gens présents sont catégoriques, ils en ont marre et le budget a été l’élément déclencheur. «On est vraiment écœuré par les dépenses inutiles. On ne fait plus confiance au gouvernement», expliquent Claudia Rochette et Bernard Mercier, venus participer au mouvement avec leur garçon. «Le budget, ça m’a poussé à venir. Nos élus manquent de bon sens. Ce n’est pas correct de venir chercher dans nos poches», explique Roger Poirier.
L’ambiance ne faisait pas défaut, de la musique énergique et des slogans ont été chantés par la foule venue faire entendre sa voix. «On a l’impression qu’avec cette manifestation, la parole est au peuple. La journée risque de passer à l’histoire», déclare Jacqueline Millère. Le leader, Martin D’Anjou, a par la suite enflammé les participants, juste avant de prendre le départ. «Aujourd’hui, c’est le début de quelque chose de grand. Et c’est la majorité silencieuse qui veut que ça change. Notre message aux politiciens en place, c’est qu’on n'est plus capable!», a lancé l’organisateur, très satisfait de la participation à la «manifestation des cols rouges».
Même si la raison de la présence des participants est unique, l’objectif de cette journée demeure varié. Alors que Céline Millère espère que le ministre retire son budget «parce que l’on pourra le balayer aux prochaines élections», avertit-elle, d’autres, au contraire, ont l’intention de se faire entendre à plusieurs reprises ce printemps. «Le souhait ultime, ce n’est pas que le gouvernement recule. Il ne le fera pas. On veut montrer qu’on les a à l’œil, on les surveille», prévient Roger Poirier.
«Il commence à être temps qu’on se réveille un peu, lance Colette Bédard en marche vers le parlement. On paie tout le temps. Ils se votent des bonis et nous les retraités, on paie.»
Il y a avait des représentants de toutes les générations. Enfants, adolescents, adultes et retraités, la diversité des âges contrastait comparativement aux manifestations habituelles. «De voir des gens de plus de 40 ans ici, c’est étonnant. Je pensais que les participants seraient plus jeunes. Ça prouve que tout le monde est touché par le budget [peu importe l’âge]», constate un jeune dans la vingtaine, Kevin Matte.
Un autre rendez-vous le 1er maiÀ l’intersection de la rue Cartier, un regroupement d’organismes sociaux distribuaient des tracts aux manifestants afin de faire connaître leur cause. Le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (REPAC) convie la population à une nouvelle marche le 1er mai à partir du parvis de l’église Saint-Roch. Un pique-nique familial sous le thème Démasquons les vrais clowns – Non au cirque de la privatisation et des hausses de tarifs, suivi d’une manifestation, sont organisés. «On sent que les gens aujourd’hui sont un peu confus, mentionne un membre du Réseau du Forum social, Guy Roy. Nous on s’oppose à ce que les revenus de l’État soient à la charge des particuliers. On est un peu à contre-courant des messages diffusés par les radio-poubelles.»







