Sur les ondes de Radio-Canada, ce dernier a confirmé que l'organisme qu'il pilote pour amener des suggestions au gouvernement du Québec, par le biais de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), se penchait sur l'opportunité de prévenir l'impact du vieillissement de la population sur la sécurité routière. Selon M. De Koninck, il s'agit d'un sujet qui mérite notre attention pour l'avenir. Du même souffle, il invite à la retenue pour ne pas stigmatiser des groupes de conducteurs. À son avis, les jeunes demeurent plus téméraires et donc les plus impliqués dans des accidents, alors que les aînés sont plus prudents de nature. Toutefois, avec l'âge, leur faculté de réaction (physico-spatiale) diminue, une réalité qui, combinée au fait qu'on vit plus vieux, peut devenir préoccupante.
Inutile de s'en cacher, on connaît tous un parent ou un proche âgé qui peut représenter un danger pour lui et pour les autres usagers de la route. En contrepartie, il faut reconnaître que l'automobile constitue la dernière garantie d'autonomie et de liberté dans notre société nord-américaine souvent mal desservie par le transport en commun. Il s'agit d'un aspect non négligeable. Pourtant, il y a des gens qui s'inquiètent de voir un de leur aïeul s'entêter à prendre la route, alors qu'il n'a plus la capacité et les réflexes pour conduire. L'existence d'un mécanisme pour dénicher et raisonner ces cas potentiellement dangereux pourrait s'avérer salutaire.
En effet, les statistiques de la SAAQ révèlent qu'en 2010 environ 235 blessés graves étaient des aînés sur un total de 2 350 accidentés blessés grièvement. Cela représente donc un modeste 10 %, alors que les aînés comptent pour 15 % des usagers de la route. Toutefois, puisqu'ils utilisent moins la route en proportion de temps et de distance (environ 5 000 à 10 000 km par an, contre 18 000 km en moyenne pour les usagers moins âgés), les aînés constituent mathématiquement un groupe plus à risques. Parfois même, leurs bourdes - en circulant à contresens ou en omettant un arrêt obligatoire - occasionnent des dommages chez les autres conducteurs qui font un accident pour les éviter.
On verra ce que la Table québécoise de la sécurité routière proposera au cours de l'automne pour mieux encadrer les conducteurs aux facultés amoindries par le temps. Chose certaine, rien ne sert de pointer quiconque du doigt, car des chauffards irresponsables il en existe dans toutes les catégories d'âge. De plus, il faudra accepter un jour que toute mesure coercitive s'adresse également à nous, une fois arrivé à un âge vénérable. Pourquoi pas un test de conduite souple aux 5 ans pour tous? On pourra ainsi mieux déceler les mauvais conducteurs. Pour les autres, il s'agira d'un simple exercice de routine…








