Contrairement aux prétentions de certains analystes sportifs un peu vites en affaires, il n'est pas aussi sûr que le déblocage du dossier de Winnipeg soit un bon présage pour Québec. En ce sens, le maire de Québec peut prendre tout le temps requis pour expliquer son projet et dévoiler les modalités de son entente avec Quebecor, car plus rien ne presse. La fameuse fenêtre stratégique s'est refermée avec le transfert des Trashers d'Atlanta vers le Manitoba. Et, la prochaine ouverture pourrait se produire dans plusieurs années. Comme l'a répété le commissaire de la LNH, Gary Bettman, il ne faut pas y voir d'autres opportunités à court terme. Surtout que les dirigeants de la ligue ont l'intention de tout faire pour sauver les autres marchés en difficulté. On peut croire ces bonzes qui n'apprécient guère reconnaître leurs erreurs, comme c'en fut une d'orchestrer une expansion dans le sud des États-Unis où le hockey est peu populaire.
Outre avoir horreur des faux pas, ces hommes d'affaires détestent répéter les mêmes erreurs. À cet égard, on peut penser qu'après avoir vu partir les Flames en 1980 et les Trashers en 2011, Atlanta se retrouve sur la liste noire. Il y a aussi fort à parier que la résurrection des Jets, au bout de 15 ans d'absence, sera scrutée à la loupe. Le nouveau propriétaire de la richissime famille Thompson a beau avoir le portefeuille le mieux garni au Canada, il faudra que l'équipe de Winnipeg dégage des profits pour que la LNH autorise un autre déménagement au Nord. En quelque sorte, le retour des Jets risque de servir de banc d'essai. Leur succès sera une condition première à un éventuel retour des Nordiques à Québec, et ce, où qu'en soit rendu le dossier du nouvel amphithéâtre…
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Dans des régions de moins d'un million d'habitants, comme Winnipeg et Québec, la crainte demeure que la présence du hockey professionnel draine une portion trop importante des dollars-loisirs de leurs résidents. À environ 6 000 $ l’abonnement pour suivre une équipe locale de la LNH, cela vient gruger sérieusement le budget divertissement des travailleurs de la classe moyenne. Pour ceux qui sortent en couple ou avec fiston, cela grimpe à 12 000 $. Une facture à laquelle il faut ajouter le stationnement, quelques bières, parfois un lunch ou la gardienne, soit entre 3 000 $ et 5 000 $ additionnels. Bref, on frôle les 15 000 à 20 000 $ par an, ce qui équivaut presque à la moitié des revenus bruts d'un couple ordinaire. Après l'hypothèque, les prêts-autos et les marges de crédit, restera-t-il des sous pour faire autre chose durant l'été? À moins de se contenter de passer les vacances dans sa cour autour du BBQ. Plus que jamais, l'idée de partager des billets de saison à deux ou trois copropriétaires doit être envisagée pour assurer la survie et la vitalité dans les petits marchés comme Winnipeg et Québec…







