Bien qu’aux yeux de plusieurs observateurs, l’écart entre les deux formations au classement général laisse présager un dénouement expéditif en faveur de la formation québécoise, Pierre Bergeron s’attend à une longue série. L’ancien défenseur de 25 ans estime que certains détails feront pencher la balance du côté de l’équipe avec qui il a remporté la Coupe Memorial au printemps 2006. Il favorise d’ailleurs les Remparts pour gagner ce duel en sept parties.
«Quand on y regarde de plus près, cette série va opposer deux équipes à la fois jeunes et talentueuses. Selon moi, c’est l’avantage de la glace qui va faire la différence. C’est toujours difficile pour l’équipe visiteuse d’aller jouer dans un Colisée rempli de partisans, surtout en séries. Les Remparts vont se nourrir de l’énergie de leur foule», affirme d’emblée Bergeron.
«Si les Voltigeurs parviennent à gagner l’un des deux premiers matchs, ça pourrait toutefois changer la donne. La pression va pencher du côté de Québec», prend-il soin d’ajouter.
Comme c’est souvent le cas en séries éliminatoires, où chaque pouce de patinoire est âprement disputé, l’affrontement risque d’être axé sur la robustesse. Lors du dernier duel entre les deux équipes, le 9 mars, au Centre Marcel-Dionne, le style de jeu combatif des Voltigeurs avait d’ailleurs semblé intimider certains joueurs des Remparts.
«Ce sera une série dure physiquement. Ce sont surtout les Voltigeurs qui vont jouer cette carte. Par contre, les Remparts misent sur des joueurs capables de faire face à la musique. De toute façon, je ne crois pas que l’intimidation soit réellement un facteur en séries, où tout est à recommencer à chaque match», souligne celui qui analyse les matchs des Voltigeurs sur les ondes de NRJ 92.1 depuis deux ans.
Parmi les facteurs qui favorisent les Remparts, Bergeron mentionne les unités spéciales ainsi que l’expérience du personnel d’entraîneurs.
«L’avantage numérique des Voltigeurs a enfin débloqué à la maison dernièrement. Par contre, il connaît encore des difficultés sur la route. De leur côté, les Remparts excellent sur les deux unités spéciales, tant à domicile qu’à l’étranger. D’autre part, Patrick Roy et ses adjoints possèdent plusieurs années d’expérience derrière le banc. Ce sera donc un gros défi pour Mario Duhamel et ses adjoints», souligne celui qui a amorcé une carrière d’entraîneur-adjoint au sein de l’équipe bantam AA de l’école Marie-Rivier de Drummondville en début de saison.
D’autre part, si la série s’éternise, il ne faudrait pas s’étonner de voir Patrick Roy tenter de déconcentrer les joueurs des Voltigeurs via les médias. Convaincu que tous les moyens sont bons pour gagner, l’entraîneur-chef des Remparts a souvent employé cette tactique dans le passé, particulièrement en séries éliminatoires.
«Tout va dépendre des deux premiers matchs. Roy va laisser la série commencer, puis il va s’ajuster par la suite. Si les choses ne se déroulent pas à son goût, il va assurément tenter quelque chose. S’il ressent le besoin de faire un coup d’éclat en s’en prenant à un joueur, un arbitre ou quelqu’un d’autre, il n’hésitera pas à le faire», soutient Bergeron, pour qui cette série rappelle le douloureux souvenir du printemps 2007, quand les Voltigeurs avaient vaincu les Remparts en cinq parties.
«Il y a des similitudes avec la série de 2007, sauf que les forces sont inversées, souligne-t-il. À l’époque, les Voltigeurs comptaient sur un talent brut en Derick Brassard, mais aujourd’hui, ce sont les Remparts qui misent sur un Mikhaïl Grigorenko.»
Incontestablement, le mot d’ordre pour les Voltigeurs sera de freiner le prodige Grigorenko, dont le trio a terrorisé les gardiens adverses durant la dernière saison.
«André Bouvet-Morrissette et Alex Emond seront opposés à ce trio. Je suis certain qu’ils vont faire du bon travail en défensive, mais si c’est le cas, ils n’auront pas autant de chances de marquer en offensive. C’est là que la contribution d’Olivier Archambault, Jérôme Raymond et des autres joueurs de soutien va prendre toute son importance. Ces gars-là sont-ils des joueurs de séries éliminatoires? On va le savoir bientôt. En termes de profondeur en attaque, je crois toutefois que c’est Québec qui a l’avantage sur Drummondville», analyse Pierre Bergeron.
«Bien sûr, si les Voltigeurs travaillent plus fort que les Remparts, ils ont une chance de l’emporter. Mais aussitôt qu’ils vont connaître un relâchement, ils vont en payer le prix. À la fin, je crois que la crème va remonter à la surface», conclut Pierre Bergeron.
Québec Hebdo








