Ce projet débuté il y a trois ans a été mené par le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, le FCPASQ. Il représente le portrait du vécu et des revendications des femmes assistées sociales provenant de neuf régions du Québec.
Pour les besoins de ce rapport, on a rencontré pas moins de 210 femmes assistées sociales ou travailleuses de divers organismes s’occupant de cette problématique. On y aborde trois grands thèmes qui sont Qui sommes-nous?, Que vivons-nous? et Que voulons-nous?.
«Une vingtaine de femmes de Rose du Nord ont participé à ce projet, a mentionné Anne-Valérie Lemieux Breton. Quatre d’entre elles, Huguette Cloutier, Renée Dubeau, Linda Landry et moi-même faisaient partie du comité de suivi et de rédaction du FCPASQ. Trois femmes ont collaboré au niveau local, soit Marie-Ève Duchesne, France Parent et Nathalie Igonène. Les autres Charlesbourgeoises ont contribué au projet en partageant leur vécu».
Six constats ressortent de cette vaste enquête. Ceux-ci illustrent les conséquences des changements à la Loi d’aide sociale.
Premièrement, on constate l’appauvrissement et détérioration des conditions de vie des femmes assistées sociales. En second lieu, les femmes vivent un plus grand contrôle social par le conjoint, l’État, les organismes communautaires et l’entourage.
Troisièmement, la complexification et la bureaucratisation accrues du système d’aide sociale ainsi que l’érosion des droits et libertés individuelles et collectives sont d’autres constats. Quatrièmement, le système d’aide sociale contribue à rendre les femmes dépendantes économiquement des hommes et nie le droit des femmes à être des citoyennes à part entière.
Cinquièmement, la pauvreté et l’insécurité financière causent un stress continuel qui est souvent accompagné de harcèlement administratif. Plusieurs femmes vivent donc une profonde détresse profonde de la santé physique et psychologique.
Finalement, l’ensemble des femmes rencontrées dans le cadre de cette étude identifie des solutions dans la lutte contre la pauvreté. On pense ici à un revenu social garanti universel, à la reconnaissance du travail «invisible» des femmes, au meilleur partage des richesses, aux pensions alimentaires et autres prestations non coupées à l’aide sociale, à l’abolition de la notion de vie maritale, à l’autonomie financière des femmes et l’élimination des préjugés par de l’éducation populaire.
L’avis général des rédactrices de ce rapport est qu’il faut continuer la démarche. Pour ce faire, il faut aller au-delà des solutions individuelles, se libérer, prendre sa place, se rassembler, s’organiser pour faire respecter ses droits et se faire écouter.
Les membres du Front commun des personnes assistées sociales du Québec incitent les femmes assistées sociales à poursuivre la démarche et à s’impliquer de manière à participer à la suite. Les intéressées peuvent enfin faire parvenir leur témoignage en remplissant l’annexe 1 du document intitulée Ma réalité, mon vécu, c’est important.







