La région métropolitaine de Québec avait déjà le taux d’inoccupation le plus bas de toutes les agglomérations au Canada, avec 0,4%. Dans la ville même, ce taux descend à 0,2%.
Cela a des impacts sur le prix des logements, gonflé par la forte demande et l’offre limitée. Alors que l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente de 1,8%, le prix moyen du logement a augmenté de 3,5%. Il en coûte ainsi plus cher de se loger pour la plupart des Québécois, en proportion des budgets familiaux.
La hausse des loyers ne date toutefois pas d’hier. Depuis 2000, la hausse cumulative des loyers dépasse les 33% au Québec. Pendant les mêmes dix ans, l’inflation est d’environ 23%.
Et la capitale n’a rien pour s’en sortir rapidement, puisque son solde migratoire est positif et tend à augmenter chaque année. Le taux de chômage bas (environ 5%) expliquerait en partie le phénomène. Selon la recherche de l’IRIS, les nouveaux arrivants viennent principalement de l’Est-du-Québec et de l’immigration internationale.
Paradoxalement, au Bureau d’animation information logement du Québec métropolitain (BAIL), on ne constate pas de hausse de demandes de soutien et d’information. Au contraire, même.
Selon Jonathan Carmichael, du BAIL, les gens ont moins déménagé cette année justement parce qu’ils savent qu’il est plus ardu de se trouver un logement. «Ils vont peut-être tolérer plus longtemps des situations qui n’ont pas de bon sens», explique-t-il.
À l’Office municipal de l’habitation de Québec (OMHQ), on constate aussi une diminution des appels. De 154 dossiers l’an passé, avec un taux de vacance de 0,6%, on est passé à 86 dossiers traités cette année, grâce à la concertation des organismes sur le terrain, même avec un taux réduit à 0,4%. Le mot d’ordre était le même que dans les organismes : «Ne quitte pas un logement tant et aussi longtemps que t’as pas signé un bail», d’indiquer Claude Foster, de l’OMHQ.
Ainsi, on a eu besoin de trouver un logement à une seule famille, le 30 juin.
Le problème avec le logement social, à prix modique, est qu’il est moins attrayant pour un promoteur de faire de tels logements sur des terrains précieux, situés au centre-ville. Ainsi, l’OMHQ promeut actuellement la construction de projets mixtes. «Le succès, c’est vers la mixité sociale», croit Claude Foster, qui souligne que des projets sont en cours dans le centre-ville, projets qui marient condominiums propriétaires, logements locatifs, logements abordables et espaces commerciaux. Ce type de quartier connait déjà un succès dans d’autres centres urbains américains et européens, où l’on règlemente parfois les constructions en obligeant un certain pourcentage de loyers modiques.







