«Ma carrière d’entraîneur des joueurs de ligne a débuté en 1968 au Collège Limoilou, indique dans un premier temps Sylvain Prémont. J’avais été embauché en 1967 lors de la vente de l’ancien Externat Saint-Jean-Eudes pour mettre sur pied le département des langues modernes de Limoilou. Les pères eudistes avaient alors conclu une entente pour que le collège conserve certaines classes de quatrième et cinquième secondaires de l’Externat pour que les élèves puissent terminer leurs études secondaires.»
En 1970, l’enseignant quitte le collège pour participer à la relance de l’Externat Saint-Jean-Eudes localisé dans l’ancien couvent Saint-Rock à l’endroit où l’on a érigé par la suite l’hôtel Holiday Inn. À l’automne de la même année, il achète 140 équipements de football pour 100 $, «que je paie personnellement avec un chèque personnel tellement je croyais aux bienfaits du football pour nos élèves sportifs. Débute alors une aventure qui se poursuit toujours en 2009», confie l’un des patriarches du football régional comme on le connaît aujourd’hui.
Pour pratiquer le sport, les élèves se sont rendus pendant deux semaines sur le terrain des Plaines d’Abraham en empruntant les escaliers situés en face de l’ancien édifice du quotidien Le Soleil.
«Par la suite, les équipes d’élèves de première et deuxième secondaires de l’Externat s’entraînaient au Stade municipal, poursuit Mr. P. Les élèves de cinquième secondaire ont joué pendant une semaine avant d’arrêter parce qu’ils brisaient l’équipement mieux adapté pour les élèves plus jeunes. En 1971-1972, l’Externat Saint-Jean-Eudes part une équipe de hockey, les Remparts de Québec pee-wee, et décide qu’il y aura des équipes de football cadette et juvénile à l’automne 1972. Les Condors joignent les rangs de la Ligue de football de la Commission des écoles catholiques de Québec, la CECQ. On assiste alors à une explosion de joueurs de football dans 14 clubs, six cadets et huit juvéniles.»
Le décret gouvernemental des enseignants de 1976 démobilise par la suite le personnel des écoles publiques, ce qui fait en sorte qu’il ne reste plus que deux écoles privées, l’Externat Saint-Jean-Eudes et le Petit Séminaire de Québec (PSQ), et l’école anglophone St-Pat’s intéressées à jouer au football.
«Ce fut la dernière saison des Condors jusqu’en 1981, année où l’on relance le programme de football pour affronter les équipes de Quebec High School (QSH) et la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette. On me demande de créer un club cadet pour affronter les équipes du PSQ et de St-Pat’s en me disant qu’on me trouverait des équipements. Le tout se matérialise en louant des équipements au Cégep Sainte-Foy et 30 casques à la Polyvalente Orsainville. Depuis ce temps, il y a du football à l’Externat Saint-Jean-Eudes», d’affirmer fièrement Sylvain Prémont.
Une saison plus tard, une ligue juvénile de huit équipes voit le jour. Elle est composée des formations de l’ESJE, PSQ, QHS, Séminaire Saint-François, St-Pat’s, des écoles Perreault et Marie de l’Incarnation et de l’école de l’automobile.
Les équipes s’entraînent sous les tours de l’Hydro aux limites des villes de Québec et de Charlesbourg jusqu’en 1986. Au printemps 1987, on défriche un terrain derrière le Patro Roc-Amadour pour permettre d’y tenir les entraînements. Les Condors jouent leurs matchs locaux sur les Plaines d’Abraham. Au printemps 2008, Sylvain Prémont découvre par hasard le terrain de l’Institut des sourds de Charlesbourg. Il demande la permission de s’y entraîner et d’y jouer ses matchs locaux, ce qui fut accepté. L’Externat a emménagé à cet endroit et possède depuis le début de la présente saison des installations, terrains synthétiques, estrades, à la fine pointe. «Depuis toutes ses années, ma plus grande fierté est d’avoir pu compter sur une famille extraordinaire, ma femme Michèle Le May et mes trois fils, Éric, Stéphane et Sébastien, qui m’a appuyé à 200 %. Ma passion pour le football m’a permis de m’ouvrir sur le monde. S’il n’en tient qu’à moi, je mourrai sur un terrain de football. Je n’envisage pas de mettre un terme à ma carrière avec les Condors. J’ai bien essayé pendant deux ans, mais j’étais malheureux. Mon chez moi, c’est les Condors de l’Externat Saint-Jean-Eudes», de conclure Sylvain Prémont. <@CP>(Photo Denis Fortin)






