«Accepter le projet sans en connaître les détails équivaut à signer un chèque en blanc au promoteur. On sait encore très peu de choses sur le développement projeté. On veut un débat public. Il y a une opposition sourde qui ne peut s'exprimer», commente le porte-parole du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Mathieu Houle-Courcelles.
Même si la démolition de la façade Saint-Vincent-de-Paul doit avoir lieu incessamment, le comité ne perd pas courage. «Mais si la façade est démolie, c'est un symbole important qu'on va perdre», déplore M. Houle-Courcelles.
Contrairement au projet envisagé par le propriétaire Jacques Robitaille de la chaîne des Hôtels Jaro comprenant plus de 300 chambres et plus de 700 places de stationnement, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste souhaiterait voir la construction de 50 à 75 logements, avec des commerces de proximité et l'aménagement de 150 places de stationnement.
Le comité s'est d'ailleurs prêté le printemps dernier à l'exercice d'un plan d'urbanisme s'articulant autour de l'habitation, l'espace public et les espaces verts. «Ce plan d'urbanisme n'est pas un plan de promoteur ou d'architecte. Ça doit venir en amont», précise Marc Boutin, géographe et membre du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. Selon M. Boutin, ce plan représente 75% de la densité du complexe entrevu par le promoteur Jacques Robitaille.
Le porte-parole du comité s'interroge sur la pertinence de voir s'ajouter un hôtel à la trame urbaine du quartier. «La preuve reste à faire quant au manque d'hôtels à Québec. L'hôtellerie à temps plein n'est plus assurée. Il y a de plus en plus de temps morts», avance-t-il.
Le géographe rappelle que le site de la façade Saint-Vincent-de-Paul est inclus dans le Programme particulier d'urbanisme (PPU) de la colline Parlementaire, de même que dans le secteur protégé par l'UNESCO. «Il a déjà été question qu'on retire à la Ville de Québec le titre de patrimoine mondial. Un observateur de l'UNESCO a déjà dit que si on vidait Québec de sa population, la ville ne serait plus reconnue pour son patrimoine mondial. Ça deviendrait un Disneyland où des touristes verraient d'autres touristes», illustre-t-il.







