Hubert Laforge, responsable du Comité Orgue 1753, a réussi un véritable tour de force, en faisant renaître une réplique de l’instrument quelque 250 ans plus tard. «Ce n’était pas gagné d’avance! Il y a 1088 orgues au Québec qui sont sur la liste pour avoir des réfections. En 1998, il n’y avait pas un sou d’amassé pour le projet, auquel je me suis joins en 2005. J’ai trouvé presque toutes les subventions», commente le professeur retraité de l’Université Laval ayant réuni plus de 300 000$ pour voir renaître l’orgue, baptisé Opus 35/2009 par les facteurs Juget-Sinclair.
«En fait, si on ajoute la valeur du travail bénévole du Comité et les contributions du Musée en frais d’installation et en temps de son dévoué personnel, ça représente plutôt 500 000$», précise le maître d’œuvre du projet.
Quatre collaborateurs d’importance ont appuyé Hubert Laforge pour faire réaliser la réplique de l’orgue du 18e siècle: Kenneth Gilbert, Antoine Bouchard, Élisabeth Gallat-Morin et Benjamin Waterhouse.
«La musicologue Élisabeth Gallat-Morin a retrouvé les correspondances d’époque et a mis Pierre Ardouin sur la piste du devis original à Paris. J’aimerais aussi souligner le soutien l’ex-maire Jean Pelletier, qui a eu foi dans le projet. Malheureusement, il est mort quelques mois avant que l’orgue ne soit installé», ajoute M. Laforge.
Le professeur retraité se dit fier de cet accomplissement, puisque la réplique de l’orgue de Juget-Sinclair a été conçue selon la plus grande tradition française.
«C’est un orgue unique, parce qu’il représente une esthétique sonore et une facture qui ne seront plus les mêmes ici ou en Europe, après le milieu du dix-huitième siècle. Il y a peu d’instruments semblables qui ont survécu ou ont été reconstruits», résume M. Laforge.
Jusqu’à la fin août, l’organiste Emmanuel Bernier aura le privilège de faire résonner les différents jeux de l’orgue dans une série de concerts de 20 minutes, en après-midi.
«C’est intéressant de jouer sur un orgue de cette époque-là, moi qui suis habitué à jouer sur de gros Casavant. Le toucher est agréable. L’acoustique est superbe. C’est certain qu’on ne peut pas jouer des pièces dans tous les tons. Le son est baroque français. Je joue entre autres des pièces Couperin, de Clérambault et Glackemeyer», décrit le stagiaire de l’Ensemble Nouvelle-France.







