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Le deuil sous les projecteurs

Maude Rodrigue et Marina Harvey font partie de la distribution dirigée par le metteur en scène, Maxime Perron. (Photo Isabelle Chabot)

Maude Rodrigue et Marina Harvey font partie de la distribution dirigée par le metteur en scène, Maxime Perron. (Photo Isabelle Chabot)

Isabelle Chabot
Publié le 14 Novembre 2009
Publié le 17 Juillet 2010
Isabelle Chabot

Le deuil d’un être cher peut être vécu de toute sorte de manières. C’est ce que le public découvrira dans Stabat Mater II. La troupe du Grand Escalier présente la pièce de Normand Chaurette du 25 au 28 novembre à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou.

Sujets :
Cégep Limoilou , Marina Harvey

Écrite au début des années 2000, l’histoire relate le deuil vécu par 19 mères, en compagnie d’une préposée de la morgue. Les spectateurs seront témoins du cheminement intérieur des personnages alors que la mère en elle doit dire adieu à son enfant décédé. «J’ai essayé que les interprètes expriment le moment suivant la mort, cet après existe pour ceux qui restent en vie», confie le metteur en scène, Maxime Perron. Une étape importante parfois mise de côté de nos jours, selon ce dernier.

Loin de sombrer dans la tristesse, les réactions des mères seront riches en émotions et en lumière. Parfois, certaines d’entre elles voudront passer par-dessus l’épreuve le plus tôt possible, d’autres auront besoin de plus de temps avant d’accepter la disparition de l’enfant. La pièce constitue ce moment unique, et si rare actuellement, où les mères à tour de rôle exprimeront personnellement leurs sentiments. «C’est beau la facilité qu’ont les gens à communiquer leur peine, d’y faire face, complète M. Perron. C’est une facette qui enrichit la société.»

Jouée par 12 comédiennes de la troupe du Cégep Limoilou, la pièce aborde sans détour non seulement la mort, mais le suicide, le choc des cultures et le syndrome de l’enfant roi. Les discussions amènent à se questionner sur ce besoin actuel chez les jeunes de se rapprocher de la mort. Par ailleurs, le personnage d’une préposée de la morgue représente la figure bureaucratique de la société d’aujourd’hui. Face à l’humanité de la peine, l’histoire de la pièce questionne l’insensibilité d’une partie de la population. «L’urgence de vivre est incompatible avec l’efficacité régissant le système de vie», commente le metteur en scène.

Les membres de la troupe du Grand Escalier étant en grande partie de jeunes étudiants n’ayant pas connu la maternité, un travail considérable a été fait cet automne lors de la préparation de la pièce. Les actrices ont discuté de leur vision de la vie en tant que femmes et mères. Sous forme de partage, elles ont commenté la perte d’un enfant face aux situations observées dans leur entourage. «Même si l’on n’a pas vécu cette pénible épreuve, on connaît tous un proche dans cette situation rendant l’interprétation plus réelle», ajoute M. Perron. Rattachant continuellement la pièce à la réalité, l’une des interprètes rencontrées, Maude Rodrigue, soutient que l’intensité d’un deuil est difficilement vécue au grand jour dans notre société. «Actuellement, à cause de la vitesse de la vie et l’arrivée d’Internet, la mort est devenue un choc sans processus. C’est de la junkfood, on le mange tout de suite et après c’est terminé», indique Maude Rodrigue.

Lors de la tombée du rideau, les spectateurs pourraient ramener à la maison plusieurs réflexions sur la société actuelle. La pièce unit 13 femmes par un même événement chargé d’émotions. «Les amateurs de théâtre trouveront le partage entre les femmes très beau et devraient être touchés par le texte poétique que l’on rend accessible par l’adaptation», affirme une comédienne, Marina Harvey.

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