Le président du centenaire, le professeur Luc Bouthillier, en a profité pour lancer un message d’espoir aux gens liés à ce domaine qui traverse une crise, depuis 2005. «La solution de l’avenir passe par la forêt, pour les Québécois […] L’enseignement de la foresterie est pertinent et restera pertinent. Nos diplômés font partie de la solution et nourrissent l’espoir. On n’est pas sorti du bois!», lance-t-il rempli d’optimisme, cette expression prenant un tout autre sens à cette occasion.
C’est que depuis près de cinq ans, quelque 120 000 travailleurs du bois ont été touchés par la crise qui sévit, au Québec. Le problème n’est d’ailleurs pas confiné à notre seule province, mais touche aussi tout l’occident, autant le reste de l’Amérique du Nord que les pays scandinaves, voire le Japon, souligne M. Bouthillier.
La crise se situe aussi au niveau de la main-d'œuvre et du recrutement d’étudiants. De plus de 200 étudiants, la faculté qui porte dorénavant le nom de «Foresterie, géographie et géomatique» compte maintenant une quarantaine d’étudiants au premier cycle. Un problème d’image vis-à-vis l’industrie du bois pourrait être la cause de ce désintérêt pour les jeunes.
L’utilisation du bois sera un élément clé pour la lutte aux changements climatiques, croient les professeurs de la faculté. Car le bois a la propriété de séquestrer le carbone, autrement présent dans l’air.
En plus, pour ce qui est de l’inflammabilité de ce matériau, il s’avère être plus résistant que l’acier, qui supporte moins la chaleur, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Une poutre de bois soumise à une forte chaleur pendant 45 minutes sera carbonisée selon une épaisseur d’un pouce. Une structure d’acier se serait agenouillée bien avant, a-t-on pu apprendre dans la visite du pavillon Kruger, bâti tout de bois, en 2005, au coût de 22 M$.
Dans ces laboratoires, on fait des tests de flexion, on simule des tremblements de terre, on sèche, on fait vieillir rapidement le bois pour en tester les propriétés. Tout ça dans l’objectif de faire évoluer le code du bâtiment.
Tout au long de l’année, des dizaines d’activités seront organisées entre autres par les étudiants de cette faculté de plus en plus composée de femmes. Dès demain, le Salon de la forêt s’ouvre pour toute la fin de semaine, au Centre de foires ExpoCité.
Cette année marque aussi le 45e anniversaire de la forêt Montmorency comme «terrain de jeux», ou laboratoire, des étudiants en foresterie. Mais cette année en sera surtout une de regard vers l’avant. «Oui, on va commémorer des choses, mais on va surtout préparer l’avenir.»








