«À peu près à tous les 4-5 ans, il y a un dossier d’enquête sur la sécurité qui atteint un niveau critique. C’est un constructeur qui n’a pas vu venir quelque chose… La dernière fois, c’était en 2002, avec le Ford Explorer et les pneus Firestone», de souligner George Iny dans une entrevue donnée à Québec Hebdo au Parlement de Québec, en marge d’une remise de prix.
«Le fait d’avoir fait des véhicules qui pourraient avoir un défaut de sécurité, ça, ce n’est pas hors de l’ordinaire, quand on achète une auto. Le problème, chez Toyota, c’est que le constructeur a été cachotier.»
On devrait donc pénaliser Toyota, «mais pas pour avoir eu des cas d’accélération subite – que tout le monde aurait pu avoir – mais pour ne pas avoir partagé ces infos avec l’État.» Il devrait y avoir plus d’ingénieurs et même un avocat pour que la sécurité dans les transports soit mieux vérifiée de la part de Transports Canada, croit-il. Pour l’instant, ceux qui vérifient les constructeurs automobiles sont plutôt des diplômés techniques, a constaté M. Iny.
Ce dernier souhaite que l’État soit mieux outillé pour vérifier les incidents sur le terrain. De cette façon, Toyota n’aurait pas pu cacher l’information lors de son enquête, pendant laquelle le constructeur a prétexté un problème de tapis. George Iny suggère même qu’on impose des amendes dans ces cas.
Selon le président de l’APA, les rappels massifs de voitures ne sont pas plus fréquents qu’auparavant. Il peut y avoir des années où le nombre de voitures rappelées est plus important – comme cette année – mais on ne peut dire que la décroissance de la sécurité des voitures soit une tendance générale.
Chaque année, au Canada, environ 1,5 M d’automobiles sont vendus. On compte annuellement entre 1 et 3 M de voitures rappelés. Il arrive donc des années où le nombre de voitures rappelées est plus élevé que le nombre de voitures vendues, fait remarquer M. Iny. «C’est un peu comme des [mises à jour] avec son ordi. La plupart des rappels, l’ordinateur n’a pas fait un crash, c’est juste une mise à jour… Généralement, les rappels sont faits par prévention», avance George Iny pour expliquer le taux de rappel annuel élevé.








