Le 31e Salon de la forêt était placé sous le thème «La forêt d’aujourd’hui pour bâtir l’avenir». Un concept lourd de sens quand on sait qu’en décembre dernier, en plein sommet de Copenhague, la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique sonnait l’alarme : la stratégie d’utilisation du bois dans la construction pourrait bien être impossible à mettre en place faute de relève. À titre d’exemple, seulement trois nouveaux étudiants ont fait leur entrée dans le programme de génie du bois l’automne dernier.
Aménagement de lots privés, artisanat en bois, construction verte, récréotourisme, formations en foresterie, présentations de conférenciers, concours et animations; une quarantaine d’exposant rivalisaient d’adresse au Salon pour montrer que la foresterie est en pleine mouvance. «Nous tenions le premier événement du centenaire de l’enseignement de la foresterie et nous voulions donc montrer que c’est un domaine qui bouge et qui a de beaux défis à offrir aux jeunes», explique Amélie Denoncourt, la présidente du Salon.
Le temps presse puisqu’à l’ordre des ingénieurs forestiers du Québec, on s’inquiète pour l’avenir. «On s’attend à une rupture de stocks en 2015, année où un grand nombre de baby-boomers prendront leur retraite. On se prépare à gérer une décroissance puisqu’on jumelle présentement un haut taux de retraite avec un bas taux de nouvelles inscriptions», indique François-Hugues Bernier, directeur des communications et de la foresterie à l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.
En collaboration avec l’Université Laval, l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec a accentué ses efforts de promotion et travaille sur un plan de promotion d’envergure qui devrait voir le jour à la fin de 2010 ou au début de 2011. «Si on veut arrêter l’hémorragie, il faut prendre des moyens concrets pour changer les choses. Tout le monde doit mettre la main à la pâte», estime M. Bernier.
La 35e édition de la Semaine de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Consommation (SAAC) se tenait conjointement au Salon de la forêt. Ce salon agroalimentaire comprenant une ferme avec près de 100 animaux, un jardin de 4 000 pieds carrés et une trentaine d’exposants se voulait encore cette année un moyen de faire découvrir à la population les productions locales.
Même si la relève y est mieux assurée qu’en foresterie, les domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de la consommation font également face à certains défis. «Pour cette édition, nous voulions montrer les bonnes pratiques agroalimentaires. Nous faisons souvent l’actualité, par exemple avec la crise de la listériose et c’est donc important de démontrer qu’au Québec, on a une production agricole de qualité», conclut Nathalie Simard, directrice des communications à la SAAC.








