Des yogourts, des pommes et des sacs aux couleurs de la fédération ont été distribués aux consommateurs sur le chemin Sainte-Foy afin de les rallier à leur cause. «Nous ne voulons pas de l’ACI. Nous cultivons pour les générations futures et bien manger, ça se cultive ici!», a scandé la présidente de la Fédération de l’UPA de la Rive-Nord, Jacynthe Gagnon. Les agriculteurs de la région s’opposent au nouvel accord interprovincial. Ils craignent que les exemptions ministérielles gagnées pour certains produits québécois deviennent caduques après la signature. «Avec cet accord, nos consommateurs ne sauront plus vraiment ce qu’il y a dans leur assiette», allègue la présidente pour la région de la Rive-Nord.
Le ministre et député de Louis-Hébert, Sam Hamad, absent lors de la manifestation, n’a pas voulu commenter le geste de contestation. L’entente actuellement sur la table avait été rejetée dans le passé en raison de pressions exercées par l’UPA. La section régionale souhaite, donc, un second report et demande au ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, de convaincre le premier ministre, Jean Charest, de ne pas signer le document. Les textes finaux devraient être paraphés par les ministres provinciaux le 15 octobre prochain.
L’UPA appréhende que l’accord permette aux entreprises de porter plainte contre certaines mesures gouvernementales. «On a voté des lois pour protéger notre marché, mais avec cette entente, les transformateurs pourraient les contester», commente un producteur laitier de Saint-Augustin-de-Desmaures, Laurent Racine. Une boîte de pandore qui pourrait être difficile à refermer selon plusieurs d’entre eux. «Ça nous fait peur parce que la vente de nos produits pourrait être restreinte, avoue un manifestant Stéphane Leclerc. Le consommateur se retrouverait, par exemple, avec du yogourt conçu avec des produits de l’extérieur de la province.»
L’événement avait lieu simultanément dans 17 régions administratives du Québec. Une activité provinciale devrait avoir lieu mercredi prochain, à Montréal, afin de poursuivre les pressions sur le gouvernement du Québec parce que «la survie de l’agriculture québécoise est en jeu», selon le producteur agricole, Laurent Racine.








