«À moins de quatre mois de fêter le 400e anniversaire de Québec et un peu plus d’un an de commémorer le 250e anniversaire de la conquête anglaise par le général Wolfe, les vestiges du quartier général du marquis de Montcalm et de la redoute française occupés par les troupes du général français sont toujours menacés par la construction d’immeubles d’habitation. Les terrains où se trouvent ces sites hautement symboliques et chargés d’histoire font l’objet d’un grand intérêt pour les promoteurs immobiliers qui désirent y construire des condos. La ville de Québec réfléchit depuis près de quatre ans sur un plan d’aménagement du secteur et a même laissé passer le dernier appel d’offres pour la vente des terrains sans lever le petit doigt», affirme le coordonnateur des visites, Clément Gamache.
Sauver les percées visuellesLa présidente de la SAHB, Nicole Lizotte se dit aussi très inquiète. «Même si le zonage du secteur permet de contrôler le développement immobilier, il est évident que la construction de condos empêcherait de mettre en valeur l’intérêt premier d’une redoute comme celle du marquis de Montcalm; soit les percées visuelles qui offrent l’occasion de mettre en valeur et de comprendre toute la stratégie militaire et le déplacement des troupes lors des différentes tentatives anglaises de prendre Québec par la Côte de Beauport . Voilà l’intérêt de ce site, voilà l’héritage qu’il nous appartient collectivement de mettre en valeur», estime Mme Lizotte. «Pour l’instant, non seulement la ville fait la sourde oreille et refuse de racheter l’ensemble de cet emplacement symbolique, mais, qui plus est, le service de l’urbanisme de l’arrondissement envisage également le prolongement d’un boulevard urbain. Il nous reste peu de temps, à l’aube du 400e anniversaire de Québec et du 375e anniversaire de Beauport, pour rajuster notre vision à long terme et rendre à ce lieu la mémoire et les honneurs auxquels il a droit», ajoute Mme Lizotte.
À la recherche d'appuis pour un centre d'interprétationD'après M. Gamache, cela pourrait avoir été la dernière occasion de visiter les lieux car personne à Québec, sauf peut-être la Commission de la Capitale nationale, ne semble intéressé à acquérir ces terrains afin de préserver ce site historique d’intérêt national pour les générations futures. «Seul l'ex-maire de Beauport, Jacques Langlois, aujourd'hui pdg de cet organisme, s’est prononcé favorablement pour sauvegarder les sites en suggérant d'y aménager au moins un parc d'interprétation. Tout récemment, deux organismes nationaux spécialisés en patrimoine, le Conseil des monuments et sites du Québec et l’Association des archéologues du Québec, se sont prononcés en faveur de la préservation et de la mise en valeur de ces sites. La SAHB s’adresse maintenant aux décideurs politiques de Québec afin, qu’à leur tour, ils s’engagent à préserver intégralement ces sites historiques d’intérêt national et y investissent les sommes nécessaires avant qu’il ne soit trop tard».







