D'entrée de jeu, le ministre Gignac a rappelé que le Plan Nord s'échelonnera sur 25 ans et devrait créer environ 60 000 emplois directs par an. De plus, à son avis, chaque emploi créé au Nord en produira un au Sud, dans les villes portuaires du Saint-Laurent. Les domaines d'activités prioritaires sont : les mines, l'énergie, la forêt, le tourisme et les infrastructures.
L'investissement global est évalué aujourd'hui à 82 G$. «Ce montant se divise en parts quasi égales de 40 G$ d'investissements privés et autant de la part d'Hydro-Québec afin d'autofinancer ses nouvelles installations de production d'électricité. À peine 2 G$ consisteront en des fonds gouvernementaux pour développer les infrastructures publiques inexistantes», a précisé Clément Gignac comme pour désamorcer la crise que pourrait soulever le contenu d'une émission d'affaires publiques (Enquête à la SRC), qui doit aborder ce soir le «côté sombre du Plan Nord».
Dans ce territoire de 1,2 million de kilomètres carrés, équivalent à deux fois la superficie de la France, le gouvernement du Québec entend également mettre l'accent sur le volet environnemental. «Ainsi, note le ministre Gignac, la moitié du territoire sera protégé contre le développement, afin de respecter les ententes historiques avec les autochtones et premières nations qui y habitent.»
Retombées majeures
«Les retombées attendues sont de l'ordre de 4 G$ par an, grâce au système de redevances revu de 12 à 16 % des profits des sociétés et qui s'applique désormais projet par projet. Il n'y a donc plus de possibilités de compensation pour les pertes subies sur un autre investissement réalisé au-delà du 40e parallèle. Ce à quoi s'ajoutent les impôts, à hauteur de 40 % sur les nouveaux projets, et les retours de participations gouvernementales dans certaines entreprises. Autant de sommes qui ne sont pas comptabilisées», souligne le ministe Gignac.
Parmi les autres aspects que la province aura à l'oeil, sans verser dans l'aventure risquée de la nationalisation, il y a un intérêt incitatif en faveur de la transformation locale des richesses exploitées. Il y aura aussi une supervision attentive de l'évolution des marchés immobiliers, afin d'éviter toute spéculation abusive sur les prix des maisons et des terrains dans le Nord. Enfin, le gouvernement souhaite réinjecter une partie des retombées dans les communautés locales, par le biais de la Société du Plan Nord. Encore à créer, celle-ci dispose déjà d'un fonds de près de 500 M$ à utiliser pour améliorer les services de base (éducation, loisirs, santé, etc.) autour des sites de développement.








