Sciences et génie: une réflexion à avoir sur la place des femmes

Prisca
Prisca Benoit
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La faculté de sciences et génies est composée majoritairement d'hommes.

Dossier

ÉDUCATION. Bien que l'Université Laval accueille chaque année plusieurs dizaines de milliers d'étudiants entre ses murs, la représentation entre les hommes et les femmes dans les classes des facultés au premier cycle varie énormément d'un programme à l'autre. Immersion dans la faculté de sciences et génie où les femmes sont minoritaires.

Le président de l'Association des étudiants en sciences et génie de l'Université Laval (AESCUL), Jérôme Montembeault, ne peut que constater la disparité entre les deux sexes dans la faculté, lui qui étudie en génie des mines et de la métallurgie. «Ça doit être un des programmes où il y a le moins de filles», confie l'étudiant. La gent féminine ne représente qu'une inscription sur quatre en 2015.

Après le brouhaha qu'a causé la vague d'agressions sexuelles alléguées à l'université, le jeune homme avoue s'être posé plusieurs questions quant à la place des femmes au sein de la faculté. «Ça m'a fait réfléchir sur nos façons de faire, avoue-t-il. Je voulais être sûr qu'on soit correct avec les filles, qu'elles se sentent acceptées et incluses.» Aucun problème à propos de la place des femmes dans les cours de sciences et génie n’est venu aux oreilles de l'association étudiante.

Nuance dans les programmes

L'écart est moins important dans les programmes tournés vers les sciences, remarquent Jérôme Montembeault et ses collègues. «Ce n'est pas rare de voir des programmes où il y a une majorité de filles», estime-t-il. Là où le bât blesse, c'est dans les programmes de génie, désertés ou presque par les femmes.

Plusieurs programmes de sensibilisation ont été créés au cours des dernières années pour inciter les jeunes filles à se tourner vers les sciences et génies dans leur parcours scolaire. Le programme «Les filles et les sciences» vise à présenter les professions liées au domaine des sciences à des jeunes filles de 2e et 3e secondaire. Le concours «Chapeau les filles!» offre quant à lui une série de bourses aux femmes désirant poursuivre une carrière dans un domaine traditionnellement masculin.

Certaines bourses universitaires sont réservées exclusivement aux femmes, une situation qui fait sourciller Naomie Bleau, étudiante en biologie et membre de l'exécutif de l'AESCUL. «Je ne m'inscris pas dans un programme parce qu'il y a des bourses pour moi, mais parce que j'aime ce que je fais, explique-t-elle. Pourquoi il n'y a pas des bourses juste pour les gars?»

Le milieu professionnel met l'épaule à la roue pour réduire la disparité entre les hommes et les femmes dans le domaine du génie, remarque Jérôme Montembeault. Ingénieur Canada a lancé sa campagne 30-30, pour 30% de femmes titulaires d'un permis d'ingénieur en 2030. D'ailleurs, l'organisme a révélé qu'à travers le Canada en 2015, les femmes représentent 12% des ingénieurs. Ce chiffre se porte à 18% pour le Québec.

Et les professeurs?

Bien au courant de la situation dans ses classes, le vice-doyen aux études, Nadir Belkhiter, aimerait bien trouver la solution à cette disparité entre les hommes et les femmes. «On pourrait faire beaucoup de choses si on savait ce qui explique cette différence, croit-il. On s'interroge beaucoup sur cette question depuis des années, même des décennies je vous dirais.»

Selon lui, la proportion entre les hommes et les femmes dans le corps professoral n'est rien pour aider la situation. «Ça pourrait aider si on avait plus de professeurs femmes, parce que les étudiants ont tendance à s'identifier à des modèles.» Encore faut-il avoir des offres d'emploi de femmes.

La parité est-elle envisageable dans les classes de science et de génie? Sans se faire d'illusion, M. Belkhiter affirme que «lorsqu'on regarde les pourcentages, on devrait commencer par se concentrer à augmenter la proportion de femmes plutôt que de viser tout de suite la parité.» D'autant plus que les chiffres ne bougent pas depuis de nombreuses années, et ce, malgré les actions qui ont été mises en place.

À lire également:

Sciences infirmières: où sont les hommes?

 

Sciences de l'administration: la parité sur papier

 

Université: où s'inscrivent les hommes et les femmes?

Québec Hebdo

Organisations: AESCUL, Association des étudiants, Université Laval Québec Hebdo

Lieux géographiques: Canada, Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • J-S Ash
    12 décembre 2016 - 16:33

    On devrait lire AESGUL et non AESCUL...