Outre ce nouvel univers de père le sortant de sa zone de confort, Vincent Gagnon puise beaucoup d'inspiration dans la poésie, en particulier dans les œuvres de Jean Coulombe et Michel Pleau, l'un originaire de Québec et l'autre résidant dans le quartier Saint-Sauveur.
«Je les ai accompagnés longtemps dans les soirées de musique et de poésie. Jean fait une poésie plus urbaine, trash, tandis que Michel signe des textes plus nostalgiques, lyriques», compare-t-il. La musique de Vincent Gagnon s'est appuyée de textes poétiques de Coulombe et Pleau pour «Axes barbares», «Himalaya» et «Je connais trop peu le monde».
Changement de rythme
Les autres pièces sont des compositions de ses collaborateurs: Alain Boies (saxophone alto), Michel Côté (saxophone ténor), Guillaume Bouchard (contrebasse) et Michel Lambert (batterie), nouveau venu au sein du groupe, un honneur pour Gagnon.
«Tous les gars dans mon groupe sont des compositeurs. J'aime jouer avec des musiciens qui ont une identité forte, mais en même temps, ils sont aussi capables de jouer au service de la musique. Michel Lambert est un des batteurs qui m'a le plus touché dans ma vie. C'était un choix logique. J'ai hésité, mais finalement, je lui ai lancé l'invitation qu'il a acceptée!», raconte-t-il. L'ancien batteur, François Côté, continue de collaborer toutefois avec Gagnon.
Dans l'une des quatre pièces composées par Gagnon, «Anitaville» possède un certain lien de parenté avec Thelonius Monk. Le titre de la pièce fait un clin d'œil à Anita, le boston terrier de l'auteur, qu'il a baptisé ainsi en hommage à Anita O'Day. «Ça a été une grande chanteuse de jazz des années 1940 aux années 1960, un peu dans l'ombre d'Ella Fitzgerald», convient-il.
Studio de bruitage
«J’aime jouer avec des musiciens qui ont une identité forte, mais en même temps, ils sont capables de jouer aussi au service de la musique.» -
L'enregistrement du nouvel opus s'est déroulé dans un studio de bruitage pour films à Saint-Augustin-de-Desmaures, à mi-chemin entre une prise de son classique et de jazz moderne.
«En général, on enregistre dans des locaux séparés pour mieux contrôler chaque piste. Mais je voulais qu'on soit tous dans le même local. Le son est altéré, mais ça permet un enregistrement plus «live». C'est certain que ça amène plus de difficultés techniques, mais il faut savoir vivre avec les erreurs», justifie Vincent Gagnon.
Tournée internationale
Même s'il laisse sa marque dans ses projets personnels, Vincent Gagnon ne délaisse pas pour autant son rôle d'accompagnateur. Au contraire. L'auteure de ces lignes a attrapé le pianiste au vol, la veille de son départ d'une tournée de trois semaines avec Paule-Andrée Cassidy pour son spectacle «Ombres et lumières».
«On va aller en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et en Russie. J'ai vraiment hâte! C'est ma première tournée internationale. J'espère que la prochaine fois ce sera pour ma musique», souligne-t-il.
Le pianiste du quartier Saint-Roch reviendra à Québec pour y présenter une soirée spéciale «Himalaya en poésie», où quelques pièces du nouvel album se mélangeront aux strophes de Jean Coulombe et Michel Pleau. Himalaya en poésie sera présenté au Café Babylone le 5 avril à 20h, au 181, rue Saint-Vallier Est.
Information: www.vincentgagnon.ca
Groupe Québec Hebdo.








