Robert Lepage dit avoir cherché les racines du théâtre en Europe. Il a ensuite compris que c’était plutôt en Asie qu’il les trouverait, pour finalement s’apercevoir qu’il y avait là, «l’autre côté de la rivière», quelque chose d’encore plus grand. «On est toujours assis sur notre trésor et on ne le sait pas», dit-il en parlant de Wendake. Lui, vient de Château-d’Eau, à quelques coups de rame de là.
Ce qui l’inspire le plus du peuple huron-wendat est le fait que ce soit un carrefour avec des influences diverses. Une communauté autochtone plus urbaine où «le trafic des idées est peut-être plus facile», où les alliances et le métissage ont eu pour effet d’enrichir ce peuple.
«Ce thème de métissage, c’est quelque chose qui me parle beaucoup», dit le metteur en scène. Le métissage des idées, particulièrement. La distribution est d’ailleurs composée d’autochtones et de non-autochtones.
Et le lieu est important, pour Lepage. Un des plus grands acteurs shakespeariens, Edmund Kean, est passé par ce qu’on appelait à l’époque La Jeune-Lorette. Lepage raconte qu’il ne voulait plus s’en retourner. «Il a récité Shakespeare ici!», dit le metteur en scène, émerveillé.
La pièce qu’il a mise en scène à plusieurs occasions sera montée «sous un nouveau regard», a souligné Robert Lepage. D’autant plus que l’histoire – qui a été écrite en 1611, peu après la fondation de Québec – se passe sur une île. Et Wendake veut dire «île». Bref, les raisons qui font du Village-Huron le lieu idéal pour la présentation de cette pièce ne manquent pas.
Surtout, elle ne fera pas l’objet d’une tournée. C’est donc le seul endroit où il sera possible de voir cette adaptation de La Tempête. Une adaptation qui mettra en relief le thème de la réconciliation.
Pour le Grand Chef Konrad Sioui, il s’agit là d’un «levier exceptionnel pour Wendake, tant au plan touristique qu’économique. La notoriété de Robert Lepage et d’Ex Machina ne peut qu’avoir des retombées positives pour nous.»
Le spectacle est présenté à 21h30 du mardi au samedi du 1er au 30 juillet, en plus des dimanches 3 et 10 juillet.








