Monsieur Lazhar a récolté ce matin une nomination dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.
Philippe et ses producteurs Luc Déry et Kim McGraw ont appris la nouvelle dans leur condo au Festival de Sundance, en pyjamas et la bouche encore pleine de céréales Lucky Charms! «Quand le mot "Canada" a été mentionné (sur la wediffusion qu'ils écoutaient), on s'est mis à crier et j'ai sauté dans les bras de Luc Déry, comme un bébé!», confie le réalisateur, humble et assez relax malgré les forts sentiments l'envahissant.
Cette annonce est pour le lui le point culminant d'un long processus, qui est toutefois loin d'être terminé. Après avoir remporté les grands honneurs notamment à Toronto, il s'envole dans deux jours pour la Suède et les Pays-Bas ensuite pour des festivals. Il pourrait aussi aller faire un tour à Los Angeles, où le film a reçu une belle couverture dans les magazines.
«C'est incroyable qu'un film à petit budget comme ça, une démarche intime, se retrouve à côté de grosses productions hollywoodiennes, au gala le plus prestigieux et ostentatoire de la planète», lance Philippe Falardeau. Lui qui a appris grâce à un à des bonzes de la capitale du cinéma, Steven Spielberg, qu'il y a avait un réalisateur derrière toute grosse production avec <@Ri>Close encounters of the third kind<@$p>.
«Ça nous engage à continuer de faire des films qu'on a en-dedans, sans recette.»
Sa recette a lui a été de diriger Monsieur Lazhar avec cœur et conviction. Il a tenu à remercier toute son équipe, où qu'elle soit, et tous les comédiens, dont Fellag et "tous les enfants de la classe".
Il a rappelé que le film avait touché les gens parce qu'il explore les conséquences du suicide dans l'encourage du disparu. Les thèmes de l'école primaire et de l'immigration ont pu aussi soulever les passions.
«Mais jamais je n'aurais pu penser que ça se rendrait aux Oscars, avoue-t-il. J'aurais trouvé ça grotesque si on en avait parlé à la sortie du film.»
Les Oscars
Pas trop jet set, Philippe Falardeau ne sait pas trop à quoi s'en tenir pour le gala. Il écoutera bien sûr les conseils de Luc Déry et Kim McGraw, dont le voyage sur le tapis rouge est encore frais.
Et s'il monte sur scène? Fera-t-il comme Denys Arcand? «Je vais essayer de dire des choses intelligentes aujourd'hui et après, on verra. Quand on monte sur cette scène, on se retrouve devant des millions de personnes qui ne nous connaissent pas! Mais je vais me préparer dans les prochaines semaines, tout en gardant en tête que ces mots pourraient ne jamais être dits.»
Il fera la lutte aux longs-métrages "Bullhead" (Belgique), "Footnote" (Israël), "In Darkness" (Pologne) et "A Separation" (Iran), un film qu'il a vu et détesté à la fois, car selon lui, il viendra se dresser devant lui et son équipe lors de la cérémonie du 26 février.
Il s'agit du troisième film québécois en neuf ans à être en nomination au plus prestigieux gala cinématographique de la planète depuis "Incendies" (2011) de Denis Villeneuve et "Les invasions barbares" (2003) de Denys Arcand. Ce dernier avait aussi brigué les suffrages avec Le déclin de l'empire américain (1986) et Jésus de Montréal (1989).
Philippe Falardeau espère que cette vitrine ne freinera pas trop son prochain projet, pour lequel il jongle entre "deux scénarios et demi". Il désire continuer de travailler avec des artistes du Québec et ce buzz des Oscars ne changera rien à sa personnalité, affirme-t-il.
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