Vincent n’est pas populaire dans son école. Intimidé au quotidien à cause de son allure vieillotte et de ses bonnes notes, le garçon vit un enfer au secondaire. Jusqu’au jour où un crayon magique va lui permettre de révéler un talent pour le dessin, et changer le regard des autres sur lui.
Ces quelques lignes forment l’histoire du Crayon magique, le premier roman d’Alexandra Roy. Si l’intimidation a été au cœur de l’actualité ces derniers mois, la jeune auteure n’a pas attendu la polémique pour s’atteler à l’écriture de son livre. Celui qui n’était à l’origine qu’un «petit gars dans sa chambre avec un crayon» avant de devenir «Vincent l’intimidé» est né dans son imagination il y a cinq ans environ. Elle l’a fait évoluer d’année en année, de page en page, peaufinant son texte lors de ses temps perdus.
L’histoire est universelle, mais Vincent est un personnage existant, un garçon qu’Alexandra a vu se faire écœurer pendant deux ans. «Je me suis demandée ce qu’il était devenu. Je suis sûre qu’aujourd’hui il a réussi sa vie, mais je ne fais que présumer ce qui lui est arrivé», raconte-t-elle. La jeune femme n’a pas osé contacter le vrai Vincent, mais pense qu’il pourrait se reconnaître dans ses mots.
Il n’est probablement pas le seul. Alexandra Roy s’est nourrie de faits vécus par d’autres personnes de son entourage pour rendre son roman réaliste. Mais elle a aussi mis du sien dans le Crayon magique. «Dans ce livre je m’expose, il y a des parties de moi dans Vicky, l’héroïne, elle dit et fait ce que j’aurais aimé faire à cette époque pour aider ce garçon.»
Savoir qui l’on est
«Les personnages intimidateurs que je décris existent, ils formaient le groupe idéal des jeunes de cet âge, ils étaient beaux et portaient beaucoup de marques», se souvient Alexandra. Cet aspect-là l’a beaucoup frappée. «Tout est dans l’apparence, c’est ridicule. Tu as des marques, tu es populaire, mais qu’est-ce que tu as après ?»
Son roman, destiné aux lecteurs de 9 à 12 ans, mais également à monsieur et madame tout-le-monde, veut faire passer un message d’espoir, sans l’asséner. «Cela se veut avant tout divertissant, le but c’est de prendre du plaisir et de réaliser que la confiance en soi permet de passer au-dessus des mauvais moments. Les adolescents sont cruels et superficiels, mais il y a une vie après le secondaire.»
Le crayon qui donne son titre au livre agit comme un catalyseur de talent pour Vincent, «mais il n’a rien de magique dans le fond», explique Alexandra. Il permet au personnage principal de réaliser que les autres ont le pouvoir qu’on veut bien leur donner. «Il ne faut pas oublier qui l’on est surtout. À divers degré de sa scolarité, et même ensuite dans un nouveau boulot, tout le monde veut se sentir aimé et accepté. Être intimidateur ou intimidé est un phénomène presque normal, mais qui ne devrait pas être accepté», conclut Alexandra Roy.
Charlesbourg Express, membre du Groupe Québec Hebdo








