Environ 150 personnes ont pris part à cette assemblée qui avait lieu au sous-sol de l’église Saint-Thomas-d’Aquin.
Avant de donner la parole aux citoyens, Sonia Tremblay, urbaniste à la Ville de Québec, a dressé un bref historique de la Maison Gomin depuis l’inauguration de la prison des femmes en 1931 jusqu’à son acquisition par le promoteur. Elle a aussi expliqué les deux règlements qui faisaient l’objet de la consultation et qui, une fois adoptés par le conseil municipal, paveront la voie à la transformation du bâtiment en funérarium et à la construction d’un édifice de six étages comptant une soixantaine de condominiums.
Prenant lui aussi la parole, le conseiller du district de la Cité universitaire, Jérôme Vaillancourt, a souligné que ce projet était en réflexion depuis 10 ans et que plusieurs des préoccupations des citoyens avaient été intégrées au fil des modifications. «L’enjeu de la préservation du bâtiment est atteint et la possibilité de faire un parc public est un gain intéressant, a-t-il mentionné. Il faut aussi dire que nous sommes passés de trois édifices de 12 étages pour 216 unités de condos à un seul de six étages comptant une soixantaine d’unités.»
Invité à s’adresser aux citoyens, le promoteur Michel Boutin s’est dit très fier du projet actuellement sur la table qui est l’aboutissement du travail de plusieurs années. «Notre priorité depuis le début était d’être transparents, a-t-il expliqué. Nous avons mûri notre projet et nous l’avons peaufiné sous toutes ses facettes.»
Au cours de la longue période de questions et de commentaires qui a suivi, la majorité des intervenants s’est montrée favorable aux travaux actuellement en cours à la Maison Gomin. «Je salue le fait que la maison soit encore debout et que des efforts soient faits pour la préserver, a affirmé Danielle Drolet, résidante du secteur. Je crois que le projet est satisfaisant là où il en est arrivé.»
Les principaux bémols ont touché la portion condos, plusieurs mettant en doute l’architecture du bâtiment. «Les plans vont à l’encontre de la trame urbaine du secteur, a dit Hélène Barry, résidante de la rue du Bon-Air et membre du Comité de sauvegarde du site de la Maison Gomin. Ils sont faits en fonction de l’édifice d’Anapharm qui est un cauchemar d’architecture.»
Répondant à certains citoyens qui s’inquiétaient de voir l’usage cimetière inscrit dans les plans de construction, le promoteur a assuré qu’il n’était pas question d’enfouir des corps mais bien de maintenir le droit d’avoir des cryptes.
Après avoir écouté attentivement tous les arguments évoqués, les sept membres du conseil de quartier de la Cité universitaire présents ont à leur tour fait leurs commentaires. «Après 15 ans de tergiversation, nous arrivons à quelque chose, a indiqué le président Jacques Vézeau. Mais si ça n’avait pas été de la vigilance des citoyens, nous n’aurions pas un projet de cette stature aujourd’hui. C’est important que les gens puissent s’exprimer.»
Après près de trois heures de discussions, les membres du conseil ont majoritairement décidé (six voix contre une abstention) de recommander l’adoption des deux règlements.
Le dossier sera maintenant examiné par le comité exécutif de la Ville de Québec avant de revenir au conseil d’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery. Le projet fera l’objet d’un avis public qui pourrait ouvrir la porte à une demande de référendum. Si tout se déroule rondement, les plans pourraient être adoptés en mars prochain.







