L’ancien moulin à vent de l’Hôpital Général de Québec

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Un brin d'histoire avec la Société historique de Québec

L’ancien moulin à vent de l’Hôpital Général de Québec, dites-moi donc, combien de citoyens de Québec savent précisément – et non pas vaguement – ce que désigne cette appellation? Oui, je sais, je sais! Vous êtes déjà «passés par là» et avez remarqué cette tour de pierre dressée un peu en retrait du boulevard Langelier, aux limites des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, à Québec, tour qui dépassait en hauteur le garage de l’ancienne résidence de l’entrepreneur général Adélard Deslauriers.

L’ancien moulin à vent de l’Hôpital Général de Québec, tel qu'on peut le voir encore aux abords du boulevard Langelier.

Mais, quand vous êtes passés par là, aviez-vous pris le temps de vous arrêter quelques instants pour l’observer? Et, surtout, pour en connaître davantage sur ce moulin, qui intrigue vraiment au cœur de ce quartier qui a toujours été grouillant d’activités? La maison qui se trouve à l’avant de ce moulin n’est plus, depuis longtemps, la résidence de la famille Deslauriers. Le 22 juillet 1943, elle a été acquise par le gouvernement de la province de Québec. Elle a notamment abrité le Conservatoire de musique, qui l’a l’occupée jusqu’au tournant des années 1960 et 1970. Autour de cette dernière date, la bâtisse a été intégrée dans le Collège d’enseignement général et professionnel qu’était devenue, avec les années, l’École technique de Québec.

Aux débuts du moulin à vent

Commençons par le commencement. Logé d’abord à la haute-ville de Québec, dans la maison de M. de La Durantaye, voisin des Récollets, sur la rue Desjardins, l’Hôpital Général s’installe au bord de la rivière Saint-Charles lorsque l’évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, acquiert des Récollets, en 1692, la maison Notre-Dame-des-Anges et qu’il la confie aux Hospitalières Augustines de l’Hôtel-Dieu. Les religieuses entreprennent, en 1710, de convertir en hôpital l’ancien monastère. Sous la direction du maçon Jean Maillou, les travaux durent 10 ans et presque tous les bâtiments sont reconstruits.

Dès le début de l’aménagement de l’hôpital, les religieuses se rendent compte de la nécessité d’y avoir un moulin. Le premier moulin qu’elles y font construire date de 1702 et il était en bois. Il n’occupait pas l’endroit où nous le voyons aujourd’hui et, même, n’était pas un moulin à vent, mais à eau. Il se trouvait sur le bord de la rivière Saint-Charles. L’emplacement exact, aujourd’hui, de ce premier moulin se situerait à l’extrémité nord de l’aile de l’hôpital qui est parallèle au boulevard Langelier.

Pénurie d'eau et contrat de construction

Cependant la pénurie d’eau à cet endroit convainc les religieuses, en 1709, de bâtir un moulin à vent en pierre. Le contrat pour la maçonnerie du moulin est passé le 28 mars 1709 entre les religieuses et Jean Maillou, maçon, architecte et entrepreneur du roi, de Québec. C’est ce moulin à vent en pierre de Beauport, dont le solage date de 1710 et le reste de 1731, qui existe encore aujourd’hui sur le boulevard Langelier, à Québec. Lorsque, en 1731, les travaux de construction du moulin furent enfin terminés, les religieuses Hospitalières Augustines de l’Hôtel-Dieu, qui étaient alors dans un état de grande pauvreté, n’avaient pas les moyens de payer l’énorme somme de «3 313 livres, 14 sols et 4 deniers» mentionnée dans le contrat et due à l’entrepreneur Maillou.

Comment les religieuses firent-elles pour verser une telle somme au maçon Jean Maillou? L’argent pour solder les frais de ce nouveau moulin à vent fut, en partie trouvé comme ceci (ce sont les Annales de l’Hôpital Général que nous citons ici) : Pierre Mortrel et Adrienne Delastre, son épouse, habitants de Charlesbourg, décédés sans postérité en 1696, «gens désireux de faire quelque chose pour assurer leur salut, avaient légué, en pur don, à la Communauté, tout ce qu’ils possédaient, à savoir : deux terres situées, l’une à Charlesbourg, l’autre à Saint-Joseph, village du même lieu, avec tous les bâtiments, et, généralement, tous leurs biens et immeubles.»

En outre, les religieuses avaient utilisé une somme de 2 000 livres que leur devaient «les RR.PP. Jésuites en vertu d’une transaction faite avec les Administrateurs de l’Hôpital en 1698, pour entrer en possession des Bourgs Royal, La Reyne et Talon.» Enfin, les religieuses demandèrent à ces mêmes administrateurs de bien vouloir se charger de la moitié des dépenses encourues pour la construction du moulin, ce qui leur fut accordé le 30 mars 1711. * (Collaboration spéciale Raymond Laberge, historien)

Organisations: Hôpital Général de Québec, Société historique de Québec, Collège d’enseignement École technique de Québec Notre-Dame-des-Anges Maillou.Comment

Lieux géographiques: Province de Québec, Rivière Saint-Charles, Boulevard Langelier Rue Desjardins Charlesbourg Beauport Saint-Joseph

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  • Jules Guérard
    19 juillet 2010 - 12:41

    Claude Voic un 2e article MV de HGQ Jules