Portrait métier : ingénieur logiciel

Ce mois-ci, nous découvrons un métier très recherché présentement par les entreprises québécoises, celui d'ingénieur logiciel.

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Manuel Darveau, directeur, génie logiciel et Renée Périgny, directrice des ressources humaines chez 8D Technologies nous parlent du métier d'ingénieur logiciel.

Jobboom : En quoi consiste le métier d'ingénieur logiciel ?

Manuel Darveau : Le métier d'ingénieur logiciel consiste à répondre aux besoins des utilisateurs via une solution logicielle.
Nous essayons d'apporter des réponses aux besoins et problèmes qui se posent dans le monde actuel. Cela peut être de réaliser une voiture autonome, de rendre une flotte de vélo partageable, de développer des jeux, etc. Les réponses sont extrêmement variées.

Jobboom : Quelles sont les compétences primordiales pour occuper ce poste?

Manuel Darveau : La compétence la plus importante, à mon sens, pour devenir ingénieur logiciel est la curiosité.

Pour cela, il faut être passionné, il faut avoir le goût de découvrir de nouvelles choses, de nouvelles technologies. C'est un milieu qui évolue très vite et en permanence. II y a chaque année de nouvelles solutions technologiques qui sont développées. Ce n'est pas un métier que l'on peut apprendre un jour pour ensuite appliquer ces connaissances pendant toute sa carrière. On doit continuellement apprendre, se renouveler. Et pour maintenir cette curiosité allumée tout au long de son parcours professionnel, il faut être passionné, il faut aimer ce que l'on fait.

Ensuite, bien que les ingénieurs logiciel travaillent avec un ordinateur, il y a énormément d'interactions humaines au quotidien. Il est donc essentiel de savoir travailler en équipe, de savoir écouter et comprendre les points de vue des individus avec lesquels on collabore, mais aussi pour comprendre ce que souhaite le client. Ce métier demande donc beaucoup d'habilités sociales, d'entregent et de capacité de communication.

Jobboom : Quels sont les traits de personnalité particulièrement utiles à un ingénieur logiciel?

Manuel Darveau : Hormis sa curiosité et ses capacités de communication, l'ingénieur logiciel doit avoir un trait de personnalité particulier : celui de vouloir réussir à bâtir quelque chose, quelles que soient les difficultés rencontrées. Il doit donc être persévérant. Nous sommes parfois confrontés à des problématiques complexes et il faut souvent beaucoup de courage pour ne pas lâcher, pour chercher, se tromper et faire encore de nouvelles tentatives pour finalement trouver la meilleure solution. Et finalement développer le produit que l'on veut construire.

Il n'y a pas de recette magique lorsque l'on développe un logiciel. On doit trouver un chemin. On doit donc aussi avoir de l'imagination, de la créativité parce qu'on est en permanence en train de construire quelque chose qui n'existe pas encore. Bien que la solution logicielle soit virtuelle, cela reste bâtir quelque chose.

Jobboom : Quels sont les principaux défis à surmonter?

Manuel Darveau : Il y a, à mon sens, deux principaux défis dans le métier d'ingénieur logiciel : un aspect technique et un aspect humain.

Les clients et utilisateurs nous soumettent des besoins sans en connaître les implications techniques et ils pensent souvent que nous sommes capables de tout faire, de tout résoudre. Mais comme je le mentionnais précédemment, les technologies évoluent beaucoup, il faut donc s'assurer de rester aux faits des nouvelles solutions technologiques qui nous permettront de répondre à ces besoins toujours grandissant et de plus en plus complexes. On a, par exemple, eu le développement des cellulaires, d'abord en noir et blanc et puis les utilisateurs ont voulu de la couleur. Maintenant il faut qu'ils soient capables de se connecter en temps réel, qu'ils permettent de lire des vidéos et de lire ces vidéos n'importe où. Les utilisateurs en veulent toujours plus et nous devons répondre à ces demandes avec de nouvelles solutions technologiques et logicielles.

L'autre défi à surmonter est, quant à lui, humain. Le développement d'un logiciel requiert l'intervention de plusieurs compétences et individus. Assurer une bonne collaboration est donc un des défis à surmonter pour un ingénieur logiciel afin de mener le projet à bien.

Jobboom : A quoi ressemble une journée type?

Manuel Darveau : Il n'y a vraiment pas de journée type dans ce métier. Pour vous donner l'exemple de ce matin, je me suis rendu chez un fournisseur où nous avons échangé sur un projet de partenariat. Ce midi, j'ai assisté à une conférence sur le vélo en libre partage qui était organisée à Montréal. Cet après-midi, je réalise une entrevue avec Jobboom et ensuite j'irai sûrement aider un développeur à résoudre un problème technique. Cela varie tout le temps.

Les journées de directeur génie logiciel comme celles d'un ingénieur logiciel ne sont jamais identiques, on va rencontrer des clients, échanger avec eux pour comprendre leurs besoins, on va ensuite rencontrer l'équipe produit pour décider de ce que l'on va faire, on doit organiser et prioriser son travail de la journée. Parfois nous aurons les mains dans le code pour régler un problème technique, ou des bugs. D'autres fois, on va développer quelque chose de complètement nouveau.

Jobboom : Quels sont les types de projets sur lesquels un ingénieur logiciel travaille au sein de votre organisation?

Manuel Darveau : Chez 8D Technologies, nos produits principaux sont les solutions de stationnement et de vélo en libre partage comme le Bixi que nous avons mis en place à Montréal.

Sur les systèmes en libre partage, on fait le vélo, les cartes électroniques, le logiciel du terminal mais on fait aussi le back office, le site web, l'application mobile. Les projets et produits sont extrêmement variés entre le site web, le logiciel en passant par le Firmware.

Dans chacun des produits que l'on développe, on trouve différents aspects du logiciel. On va développer, par exemple, une solution qui permet d'enregistrer les abonnements des utilisateurs sur le site web. D'autres vont travailler sur l'intégration d'un partenaire. Par exemple, nous venons de lancer un système de vélo en libre partage à San Francisco dont le principal commanditaire est Ford. Dans le déploiement que nous avons réalisé là-bas, l'identifiant et le mot de passe de l'utilisateur pour le système de partage sont ceux qu'il utilise également dans l'application Ford Pass (qui sert à débarrer sa voiture ou d'interagir avec son véhicule), on a donc eu l'opportunité développer une intégration avec leur technologie.

Jobboom : Quelles sont les possibilités d'avancement pour un ingénieur logiciel?

Manuel Darveau : Chez 8D Technologies / Motivate, il y a deux chemins principaux.

Une personne peut entrer chez nous en stage puis ensuite devenir ingénieur junior puis ingénieur principal. Ensuite, il peut soit devenir chef de projet technique (où il va alors prendre le leadership technique pour aider les équipes à réaliser le meilleur design possible), soit aller en gestion pour gérer une équipe et donc organiser le travail de l'équipe, s'assurer qu'elle développe des projets cohérents. Cela peut ensuite le mener vers d'autres postes de gestion ou de direction au sein de l'organisation.

Personnellement je suis rentré comme développeur, j'ai un peu touché à tout dans le code du back end de la solution puis je suis devenu chef d'équipe. Et désormais je suis directeur du génie logiciel chez 8D.

Jobboom : Dans quelles industries peut-on trouver des ingénieurs logiciel?

Manuel Darveau : Il y a du logiciel dans tout désormais. Cela fait longtemps que l'on parle, par exemple, des électroménagers intelligents, des voitures autonomes, des applications mobiles et des sites web.

Le système que l'on développe ici en est un bon exemple, nous avons désormais des vélos intelligents, on peut les réserver ou réserver des places de stationnement. On peut savoir où se trouve des vélos disponibles, etc. Qui aurait cru qu'il y aurait un jour autant de technologies dans un objet aussi simple que le vélo!

Jobboom : Quelles sont les carrières vers lesquelles un ingénieur logiciel pourrait facilement se transférer?

Manuel Darveau : Il y a différents chemins possibles. Il y en a qui vont faire du code toute leur vie et qui vont devenir expert dans un domaine. Il y en a d'autres qui vont transférer ces compétences vers autre chose.

Ceux qui ont un sens particulier de la communication pourront partir travailler avec les clients en gestion de produits ou en gestion de projets. Un gestionnaire de produits va identifier les besoins sur le marché pour ensuite orienter l'équipe de développement logiciel pour faire évoluer le produit. D'autres pourront devenir gestionnaires de projets, c'est-à-dire organiser les projets avec les clients et coordonner le travail avec les ingénieurs.

Mais il est également possible pour un ingénieur logiciel de se diriger en gestion, d'autres pourront aller vers le QA (assurance qualité) et d'autres deviendront analystes, ce qui consiste à prendre des besoins, les analyser pour qu'ensuite, l'ingénierie puisse faire le développement logiciel.

Jobboom : Quelles études peut-on faire pour devenir ingénieur logiciel ?

Manuel Darveau : Ceux que l'on nomme ingénieur logiciel ont étudié en informatique dans une université qui a une accréditation en ingénierie. Le BAC en ingénierie permet d'acquérir une certaine méthodologie de travail.

Mais beaucoup de ceux qui font du développement logiciel n'ont pas de BAC en génie. La programmation peut en effet s'apprendre sur le tas avec l'ensemble des ressources en open source, c'est très facile si on est motivé. Il y a donc des gens chez 8D qui ont appris par eux-mêmes. D'autres n'ont pas de BAC en génie mais ont une technique en informatique ou un BAC en informatique.

Quel que soit son parcours de formation, cela n'est que le début. La formation se fait en continu sur le terrain, en entreprise ou à la maison via des projets personnels. On se doit d'être continuellement en renouvellement de notre expertise. Ce que l'on a appris à l'école nous sera nécessaire mais sera aussi rapidement obsolète dans les années qui suivent donc une personne qui n'a pas la patience, ou le goût d'apprendre par lui-même aura beaucoup de difficultés à être dans ce métier-là.

Jobboom : Avez-vous des conseils pour les intéressés?

Manuel Darveau : J'encourage fortement ceux qui ont la passion à foncer. Mais il faut vraiment être passionné parce qu'il faut en faire beaucoup à la maison, en entreprise. On ne s'engage pas dans ce métier parce que c'est payant mais parce qu'on l'aime. Sinon on ne sera pas bon.

La programmation peut paraître mystérieuse mais cela s'apprend plutôt bien si on a un esprit logique et qu'on a le goût d'apprendre.
Ensuite n'arrêtez jamais d'expérimenter!

En entrevue récemment, un candidat m'a présenté un site de classement de vins qu'il avait réalisé pour répondre aux problèmes d'organisation de son beau-frère qui avait accumulé beaucoup de sortes de vins et qui ne s'y retrouvait plus. C'est cela une personne passionnée en informatique. Elle identifie un besoin et va ensuite développer une solution logicielle pour y répondre. C'est un prétexte pour essayer, pour expérimenter. Et c'est aujourd'hui à la portée de tous avec un ordinateur et toutes les ressources disponibles sur le web.

Jobboom : Une anecdote de travail particulièrement marquante?

Manuel Darveau : Je travaille sur le système de vélo en libre partage depuis sa création à Montréal mais il y a un évènement qui m'a particulièrement marqué.
C'est lorsque l'on a remplacé le système existant d'un concurrent à New York qui rencontrait de nombreux problèmes.

Nous avons collaboré avec l'organisation new-yorkaise Motivate. Cela a été un projet compliqué puisqu'il impliquait, entre autres, de transférer tous les données des utilisateurs vers un nouveau système, un back-end complétement nouveau. Ce projet a impliqué de nombreuses personnes chez nous qui avaient à coeur la réussite de ce remplacement. Et puis le jour du remplacement, un samedi en soirée, on s'est tous retrouvés et donnés un compte à rebours. On a " tourné la clé " pour activer le nouveau système. On s'est tous regardés et tout a fonctionné. On était tous prêts au pire, on était tous prêts à réagir pour régler les éventuels bugs, mais rien. Tout a simplement fonctionné.

Et là, on a réalisé que c'était la collaboration continue entre les équipes de 8D Technologies et de Motivate qui avait permis de faire fonctionner ce nouveau système sans heurts. Ce moment culminant a aussi été le début d'une plus grande collaboration avec Motivate qui nous a menés, il y a quelques mois, à la fusion entre les deux organisations.

Jobboom : Qu'est-ce qui vous rend heureux dans ce métier?

Manuel Darveau : Ce qui me rend vraiment heureux dans ce métier, c'est lorsque j'ai l'impression d'avoir un impact sur les utilisateurs. Il y a beaucoup de métiers que l'on fait parce qu'on a besoin d'une job ou parce que cela est payant. Alors que ce que je réalise ici, tous les jours, j'en constate l'impact en descendant dans la rue.

C'est ce qui s'est passé lorsque l'on a lancé le système de vélo partage Bixi et que nous avons commencé à voir les Montréalais les utiliser. De plus, je pense que les Bixi ont boosté la culture du vélo à Montréal. Et la culture du vélo, c'est un cercle vertueux, plus de vélos c'est moins de voitures, c'est un meilleur environnement, c'est une mobilité supplémentaire dans la ville.

Développer une partie d'un logiciel nous amène à participer à quelque chose de plus grand. On a contribué au bien-être des habitants. Aux États-Unis, en 2016, c'est 24 millions de locations qui ont été effectuées et 80% d'entre elles ont été réalisés sur des systèmes développés par 8D ou Motivate.
C'est beaucoup de gens qui utilisent nos systèmes et qui, je l'espère, ont eu une expérience agréable grâce à notre travail!

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Le point de vue du recruteur :

JB : Quelles sont les compétences clés que vous recherchez sur le CV d'un ingénieur logiciel?

Renée Périgny : Les éléments qui vont retenir notre attention sur le CV d'un ingénieur logiciel sont les mentions des différents langages de programmation maitrisés, les expériences professionnelles passées ainsi que les réalisations concrètes du candidat.

Concernant les réalisations, nous souhaitons voir dans quel cadre elles ont été réalisées : est-ce que le candidat travaillait en équipe? Quelle taille faisait cette équipe? Est-ce qu'il avait un rôle de gestionnaire d'équipe? Quels sont les langages utilisés? Quelle a été sa valeur ajoutée sur le projet? Quels en ont été les résultats ?

Ce sont des informations primordiales qui nous permettent de mieux cerner les candidats et d'effectuer une première sélection avec ceux qui conviendraient le mieux au poste proposé et de leur proposer une entrevue. Parce que ce que nous souhaitons, c'est identifier et recruter des personnes 'allumées', qui démontrent un réel intérêt pour leur métier. Et cela nous ne pouvons le confirmer que lors de l'entrevue.

JB : Est-ce que vous demandez également aux candidats de vous faire parvenir une lettre de présentation lorsqu'ils appliquent à une offre?

Renée Périgny : Oui, nous aimons beaucoup l'exercice de la lettre de présentation. Cela nous permet de savoir si la personne est capable d'écrire, de s'exprimer clairement. Cela permet également de voir : comment le candidat est structuré, comment il réfléchit, comment il se voit dans son rôle, comment il exprime la contribution qu'il aura s'il est choisi pour ce poste que nous offrons.

JB : Quelle importance donnez-vous à un portfolio? Est-ce valable pour ce type de poste?

Renée Périgny : Le portfolio est un autre outil intéressant pour évaluer la pertinence d'une candidature.

Par exemple, lorsque notre équipe " Produits Matériels " (ou hardware) cherche à recruter un technicien, ils apprécient de pouvoir consulter le portfolio des candidats au poste pour connaître leurs réalisations : le projet, comment il s'y est pris, les plans réalisés, etc. On est à même de constater des résultats concrets et en discuter directement en entrevue, ce qui vient enrichir les conversations et met en lumière d'autres compétences du candidat.

Le portfolio est également intéressant dans le cadre du recrutement d'un rédacteur technique. Cela permet de consulter tous les textes produits par le candidat.

JB : Quels sont les éléments clés qui retiendront votre attention lors de l'entrevue?

Renée Périgny : Comme le mentionnait Manuel Darveau, nous allons rechercher des candidats curieux et passionnés par leur métier. Ce sont des choses que l'on ressent lorsqu'on rencontre les candidats en entrevue.

Tout d'abord, lorsque je reçois des candidats en entrevue, j'apprécie qu'ils aient fait leurs devoirs. Il est essentiel pour nous prouver leur intérêt qu'ils se soient renseignés sur l'organisation et ses réalisations. Il faut au minimum consulter le site internet de l'entreprise où l'on postule, connaître ce qu'elle fait, être capable d'en parler même sommairement. Un candidat qui a fait ses recherches et est capable de se situer dans notre milieu part avec une longueur d'avance! Mais, en outre, il faut aussi que le candidat se penche sur la fiche du poste proposé, qu'il s'en serve comme base pour comprendre les besoins de l'organisation.

Donc s'ils ont fait leurs devoirs, ils doivent être en mesure de connaître et comprendre, de manière plus ou moins approfondie, notre domaine d'affaires, ce que nous réalisons, et nos besoins et attentes pour le poste ouvert. Cela leur permettra de nous montrer quelle valeur ajoutée ils pourront apporter s'ils rejoignent l'organisation.

Le candidat au poste d'ingénieur logiciel doit également s'avoir s'exprimer correctement. Exposer clairement ses expériences et compétences lors de l'entrevue nous assurera qu'il sera capable d'échanger et de bien communiquer ses idées avec les autres membres de l'équipe.

On peut évaluer ceci lors de la présentation des réalisations. Nous aimons les candidats qui sont capables de nous raconter concrètement et précisément leurs projets et réalisations, que ce soit dans le cadre d'un poste en entreprise ou d'une formation. Par la manière dont le candidat va nous présenter ces points, nous pourrons en apprendre plus sur lui et sur sa personnalité.

Il est également important pour nous de sentir une certaine humilité chez le candidat, qu'il ait conscience que les meilleures solutions viennent de la collaboration et surtout qu'il doit continuer à apprendre, tout au long de sa carrière professionnelle. Un ingénieur logiciel doit être capable de jouer, de tordre son idée en fonction de ses nouvelles connaissances et de ses échanges avec les autres membres de l'organisation.

Lorsque nous avons identifié les candidats avec l'expérience et les compétences requises pour le poste, le dernier point clé est de trouver dans ces candidats, la personne qui s'adaptera le mieux à l'équipe en place. Cela peut paraître très subjectif mais il est essentiel de réunir des personnalités qui se complètent, qui matchent entre elles afin d'assurer une bonne ambiance de travail et une émulation collective.

Pour en savoir plus sur 8D Technologies / Motivate, cliquez ici pour lire notre Rencontre Employeur.

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L'équipe Jobboom

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