Dans chacune des pièces du centre situé sur la rue Saint-Vallier, les enfants sont occupés à quelque chose. Dans la salle de bricolage, Lionel et Anne confectionnent des petits présents pour les visiteurs. Plus loin, Ahn-Dao explique le fonctionnement de la salle de jeu. Elle raconte entre autres comment ils ont fait ces photos qui sont sur le mur, des montages faits à partir d’un écran vert, qui a permis aux jeunes de voyager en appliquant différents paysages derrière. Ce qui la fait bien rigoler, d’ailleurs!
Tout près, une autre jeune qui fréquente le Pignon bleu dira que certains midis, elle et ses amis vont au Centre Durocher, tout près, pour faire du sport. Une autre apprend aux visiteurs la façon développée pour gérer des conflits pacifiquement, avec des jeunes qui ont reçu une formation pour devenir «médiateurs».
Plus loin, une jeune fille fait la démonstration que l’endroit est tourné vers le développement durable. Aucune bouteille d’eau n’y est acceptée; elles polluent trop. Le Pignon bleu a participé à Défi climat et aura son jardin sur le toit, cet été, en plus de faire du compostage.
Les mercredis artistiques sont très intéressants, pour les jeunes de l’école Sacré-Coeur, dont certains passent leur mercredi après-midi dans les ateliers du Pignon bleu. Cuisine, peinture, théâtre sont au rendez-vous. Ève-Marie adore!
Dans une autre pièce, Vénusto explique le programme Compagnons pour grandir. De l’aide au devoir à laquelle participent chaque soir une trentaine d’enfants. Environ 50 bénévoles viennent y aider les jeunes.
Au rez-de-chaussée, la table est mise pour le diner auquel environ 70 jeunes participent chaque jour. En tout, 150 enfants sont inscrits et viennent à des fréquences différentes. Deux choix de menus concoctés par une nutritionniste sont offerts. On demande 1,50 $ aux jeunes. Derrière la cuisinière, un homme en réinsertion sociale, qui comptera sans doute parmi les 94% de personnes comme lui qui se trouvent un boulot après quelques mois de formation.
Pour le directeur général de l’endroit, Richard Foy, «c’est LA maison des enfants du quartier». Ces enfants proviennent de quatre écoles primaires du secteur. Selon ce qu’il entend des jeunes, les raisons de fréquenter le Pignon bleu sont simples : les jeunes s’y sentent bien, en sécurité, ils mangent bien et apprécient l’aide qu’ils y trouvent. Surtout, il ne s’agit pas seulement de donner du poisson, comme dit le dicton, mais surtout d’apprendre aux jeunes et surtout leurs parents à pêcher.
Leur donner des outils pour améliorer leurs conditions de vie est «à la base de la philosophie du Pignon bleu», souligne M. Foy. Environ le tiers des jeunes ont des parents immigrants.
Le Pignon bleu prépare d’ailleurs son 20e anniversaire, en 2011-2012. Des générations de jeunes dont le seul sourire convainc du bien-fondé de l’endroit.








