Contrairement au complexe résidentiel de 94 unités d'habitation de GM Développement comprenant 9 étages (33% de la superficie), le projet des dissidents inclurait 45 logements répartis sur quatre étages.
«C'est une proposition qui serait peut-être un projet acceptable. L'édifice comprendrait des maisons de ville avec une cour intérieure, en plus d'un petit square à l'extrémité est du quartier. On manque d'espaces verts dans le quartier», fait remarquer Marc Boutin, géographe et résident du quartier Saint-Jean-Baptiste.
Au nom des dissidents du projet, M. Boutin rappelle qu'il est en faveur de la densification, «parce qu'on l'a déjà dans le quartier Saint-Jean-Baptiste». Le résident du quartier Saint-Jean-Baptiste craint que le projet de GM Développement ne vienne détruire l'homogénéité des divers types d'habitation.
«À moins d'habiter le quartier et bien connaître les immeubles, il est très difficile d'identifier les condos des coopératives et des logements locatifs. Mais le projet de GM Développement juxtapose deux catégories de logements avec deux vues. Les condos seront au soleil, la coop sera à l'ombre du côté du versant nord. Les classes sociales pourront être identifiées. C'est de l'habitation à deux vitesses», détaille Marc Boutin.
Spéculation
Les dissidents du projet s'inquiètent d'un précédent, advenant que la modification au règlement de zonage reçoive le feu vert suite à un résultat favorable découlant du référendum. «Si ce projet passe, qu'est-ce qui empêchera un autre promoteur de faire la même chose ailleurs? On veut un projet qui ne part pas de la spéculation, mais des besoins du quartier», souligne Marc Boutin.
À ce titre, le géographe mentionne la coopérative l'Escalier construite sur l'Îlot Berthelot, qui a connu plusieurs années de lutte populaire avant de voir le jour. «C'est un projet tout à fait acceptable. (...) En fait, il faudrait que la Ville de Québec intervienne pour empêcher la spéculation», résume M. Boutin.
Confiant de gagner
«Si ce projet passe, qu’est-ce qui va empêcher un autre promoteur de faire pareil? Ça ouvre la porte à la spéculation» - Marc Boutin, géographe et résident de Saint-Jean-Baptiste
Louis Doyle, responsable officiel du comité du NON, est venu soutenir le groupe de dissidents réunis dans un restaurant de la rue Saint-Jean. «Au nom du comité, nous endossons à 100% ce qui vient d'être dit. J'habite ce quartier depuis 25 ans. Ma préoccupation est l'amendement au zonage. J'espère qu'on va gagner. Je suis confiant», résume M. Doyle.
Au total, 4832 citoyens de la zone concernée sont habilités à voter pour le référendum. Dimanche dernier, 404 personnes se sont prévalues de leur droit lors du vote par anticipation. Rappelons que le scrutin du référendum sur l'Îlot Irving aura lieu dimanche le 5 février de 10h à 20h à l'école Joseph-François-Perrault, située au 140, chemin Sainte-Foy.
L'urbaniste Jean Simon qualifie cette séance d'historique, soulignant qu'il s'agit du premier référendum dans le quartier sur un projet résidentiel.
Groupe Québec Hebdo.







