Le Musée de l'Amérique française a voulu rendre hommage à ces hommes et ces femmes ayant eu un impact dans le développement dudit pays en proposant sa nouvelle exposition permanente intitulée PARTIR sur la route des francophones, que le grand public est invité à visiter.
L'exposition se déroule d'abord avec la migration et ses objets associés aux trois foyers de colonisation française en Amérique du Nord (l'Acadie, la vallée du Saint-Laurent et la Louisiane). Une autre salle rappelle les quais de départ avec des piles de valises. Cinq mises en scène évoquent les différents motifs ayant poussé les francophones à partir.
«Il y a le commerce des fourrures jusqu'à la fin du 19e siècle, auquel prennent part les Amérindiens, les colons et les coureurs des bois. Les Canadiens-Français vont aussi aux États-Unis pour travailler dans les manufactures. En 1930, c'est la fermeture des frontières américaines», explique Béatrice Verge, réalisatrice de l'exposition.
La dernière partie porte sur la propagation de la foi catholique par l'établissement de lieux de culte et d'enseignement. Dans une petite salle aménagée à la manière d'un sanctuaire, divers objets ayant appartenu aux communautés religieuses y sont exposés. Un pupitre a aussi des histoires à raconter…
L'anthropologue Serge Bouchard collabore avec Serge Mathieu et Denis Vaugeois au contenu de l'exposition. «Je suis toujours passionné par l'histoire, c'est un travail sans fin. Du Mexique à l'Alaska, nous ne sommes pas exotiques. L'exposition met en lumière des individus jusqu'ici oubliés. Ce ne sont pas des revendications de la langue française, mais plutôt une reconnaissance du fait français», insiste-t-il.
Olivier Dufour a assumé la direction artistique et la conception muséographique de l'exposition. «La collaboration avec Serge Bouchard s'est effectuée de façon très naturelle. Il est un excellent vulgarisateur. Dans notre démarche, on s'est inspiré de plusieurs personnages, d'enfants, d'hommes, de femmes et de travailleurs de la manufacture. Eulalie-Marie Lagrave est un personnage qui me séduit particulièrement. Cette soeur a fait 3500 km de route, en faisant du portage sans être aidée, tout en gardant ses habits de soeur», commente-t-il.
Le principal défi auquel le concepteur d'événements a dû se frotter est la durée de l'exposition, en place pour les 10 prochaines années. «La nouvelle technologie peut parfois mal vieillir. Ça a été un travail délicat; il a fallu faire en sorte que ça passe bien le temps», résume-t-il.







