Membres de l’Association des clubs de Go de la Région de Québec (ACGRQ), ils feront partie de la délégation provinciale de sept joueurs parmi les 17 du Canada qui compétitionneront du 3 au 18 octobre prochain. Plus de 3 000 athlètes de l’intellect issus de 150 pays s’affronteront alors dans des parties d’échecs, de dames, de bridge, d’échecs chinois et de go. «Bien que peu connu du grand public, le jeu de go connaît un essor important dans la Vieille Capitale qui compte plusieurs joueurs de haut niveau dont le jeune Daniel Gourdeau, 15 ans, de Beauport, sacré champion du Québec au printemps 2008. Dans ces conditions, il est peu étonnant que la majorité des joueurs de go de la délégation canadienne provienne de Québec», souligne Philippe Dion-Boucher, administrateur à Go Québec. Étudiant, joueur amateur depuis 2003, champion du Québec et détenteur d'un 6e dan au niveau canadien, Daniel Gourdeau, sera accompagné à Pékin de son père Francois, architecte d’entreprise, joueur amateur depuis 1981 et 5e dan, Xenos Khan, du quartier Montcalm, conseiller en interventions stratégiques chez Sinapse, joueur amateur depuis 1988 et 6e dan, ainsi que de Pierre-Olivier Tremblay, de Sainte-Foy/Sillery, prêtre chez les Oblats de Marie-Immaculée, joueur amateur depuis 1985 et 6e dan.
Une excellente occasion d'apprendreConcernant les chances de l'équipe de Québec de remporter une victoire à Pékin, elles sont minimes, selon M. Dion-Boucher. « Nos représentants comptent parmi l'élite du Canada, mais les pays asiatiques, notamment la Chine, le Japon et la Corée, sont de véritables puissances où une longue, très très longue tradition de go existe. Le go se joue en Chine depuis 3 500 ans, mais au Canada seulement depuis environ 50 ans. Ce voyage sera une excellente occasion d'apprendre et de jouer contre des grands maîtres». C'est d'ailleurs l'avis du capitaine de l'équipe, François Gourdeau, qui espère terminer la compétition dans le top 10 après les six rondes de qualifications qui s'échelonneront sur trois jours. « À nous quatre, on compte 86 ans d'expérience et il faudra user de stratégie pour mériter la victoire. Le go est un jeu de pensée logique et d'intuition offrant plus de possibilités qu'il y a d'atomes dans l'univers. Il y a d'ailleurs un proverbe chinois qui dit que «La vie est une partie de go dont les règles ont été inutilement compliquées», mentionne M. Gourdeau, adepte de ce jeu depuis plus de 26 ans.
500 millions de joueurs«Mis de l'avant par l’Association Internationale des Jeux de l’Esprit, ces jeux feront désormais partie de l’après olympiques, au même titre que les jeux paralympiques. Cette association regroupe cinq disciplines; échecs, dames, bridge, échecs chinois et go, et chapeaute 400 fédérations nationales représentant environ 500 millions de joueurs», souligne M. Dion-Boucher. Né en Chine il y a plus de 2 000 ans avant Jésus-Christ, le go est très certainement l’un des plus anciens jeux pratiqués par l’homme. Joué par des dizaines de millions de personnes de par le monde, principalement en Chine, au Japon et en Corée, le go a fait son apparition en Amérique du Nord au 20e siècle. Le jeu est constitué d’une planche appelée goban, quadrillée par 19 lignes horizontales et verticales, ainsi que de 361 pierres noires ou blanches. Les deux adversaires s’affrontent en déposant à tour de rôle une pierre sur une des intersections libres du plateau, créant petit à petit des frontières et des territoires. «En Corée, trois chaînes de télévision diffusent en permanence 24 heures sur 24 uniquement des parties de go jouées par des professionnels qui gagnent leur vie avec cette activité. Les ordinateurs ne sont d'ailleurs pas encore capables de battre des professionnels. C'est dire comment ce jeu est populaire», conclut M. Dion-Boucher. Pour plus d'information sur la pratique de ce loisir à Québec, visitez le site de l’ACGRQ, au www.goquebec.org.







