Le redécoupage de la carte électorale a modifié le choix des candidats pour certains électeurs, qui votaient auparavant dans la circonscription de Jean-Talon, détenue par le ministre sortant de la Santé, Yves Bolduc. «La plupart des citoyens me reconnaissent, mais me demandent pourquoi je suis ici», note avec le sourire Clément Gignac.
En effet, il s’agit d’un retour au bercail pour le ministre libéral sortant. M. Gignac a étudié au Collège François-de-Laval (auparavant Petit Séminaire) et a fréquenté en Basse-Ville celle qui allait plus tard devenir sa femme. Clément Gignac possède aussi depuis plus de 12 ans une résidence dans le Vieux-Québec.
Un «petit Québec» concentré«Mon intérêt pour Taschereau ne date pas d’hier. Lors de l’élection partielle en juin 2009 (dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys), j’avais indiqué à M. Charest que je voulais revenir à Québec pour mon prochain mandat», justifie-t-il.
Le fils de cultivateur originaire de Portneuf compare la circonscription de Taschereau à un «Petit Québec», où bouillonne une activité économique, politique et culturelle. Mais M. Gignac reconnaît aussi qu’il y a des gens moins favorisés dans les quartiers centraux que couvre la circonscription de Taschereau.
«Je ne connais pas autant les organismes que Mme Maltais, mais je vais rencontrer les gens et les assurer de mon support. Mais la priorité est de favoriser d’abord la création de richesse avant de la redistribuer», a-t-il souligné en entrevue.
Selon M. Gignac, la main-d’œuvre qualifiée est une richesse en soi. Mais ce capital humain reçoit nécessairement de l’enseignement de qualité. Pour le ministre libéral sortant, il est primordial de s’attaquer au sous-financement des universités. Donc pas question d’accepter la gratuité des frais de scolarité, ni leur gel.
«S’il y a un comté qui a vécu les manifestations étudiantes, c’est bien ici. Si les étudiants ne font pas leur juste part, qui va le faire? Ce printemps, on a entendu une minorité bruyante dans les rues. J’ai hâte que la majorité silencieuse se prononce», a-t-il souligné.
La «liste d’épicerie» de LabeaumeClément Gignac est bien au fait des demandes du maire Labeaume pour le soutien du gouvernement provincial dans de grands projets à Québec, comme l’anneau de glace couvert à Sainte-Foy ou le centre communautaire en Basse-Ville.
«Ce printemps, on a entendu une minorité bruyante dans les rues. J’ai hâte d'entendre la majorité silencieuse.» -
«On travaille très bien avec le maire Labeaume. Dans le dossier de l’amphithéâtre, ça a fait l’unanimité, personne n’a déchiré sa chemise. Par rapport à sa "liste d’épicerie", on n’y répondra pas tout de suite, ce serait imprudent, mais je souhaite rencontrer M. Labeaume avant la fin de la campagne», a indiqué M. Gignac.
Commissions scolairesMême si Clément Gignac affirme avoir de la considération pour tous ses adversaires et prôner davantage le porte-à-porte que de croiser le fer avec les autres candidats, il a tout de même accroché au passage le caquiste Mario Asselin.
«Du côté de la CAQ (Coalition avenir Québec), c’est plus la création de chômage que la création d’emplois. Le parti veut abolir 4000 postes sur 20 000 chez Hydro-Québec. C’est pratiquement impossible qu’il n’y ait pas d’impact! Quant à l’abolition des commissions scolaires que propose Mario Asselin, ça touche les droits constitutionnels des anglophones. Notre gouvernement n’a pas beaucoup d’appétit pour remanier les commissions scolaires», a-t-il conclu.
Groupe Québec Hebdo.








